L’Allemagne préserve la crédibilité de l’arsenal de la BCE
La Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a maintenu hier son précédent verdict sur la légalité du Mécanisme européen de stabilité (MES) mis en place en 2012 pour éviter un éclatement de la zone euro, tout en préservant le rôle du Bundestag. La participation de l’Allemagne au fonds est limitée à 190 milliards d’euros dans le cadre d’un montant total maximum envisagé de 700 milliards. Toute rallonge au-delà de cette limite devra recevoir l’aval du parlement allemand. «Malgré le concours apporté, l’autonomie budgétaire du Bundestag est suffisamment préservée», a estimé la Cour.
La décision «devrait confirmer la pertinence du mouvement actuel de resserrement des spreads sur les obligations des souverains des pays périphériques de la zone euro», estime Aurel BGC. Aucune allusion n’a été faite au programme OMT plus controversé même s’il n’a jamais eu besoin d’être activé, mais dont la seule évocation avait permis de faire baisser les rendements des pays périphériques. Il a suscité un renvoi le mois dernier devant la Cour européenne de Justice (CEJ), qui ne devrait pas trancher avant mi-2015.
Un délai qui permet à la BCE de conserver son pouvoir de persuasion quant à un éventuel recours à des politiques monétaires non conventionnelles, de type rachats d’actifs non stérilisés. Dans un entretien accordé la semaine dernière au Wall Street Journal, le membre allemand du conseil des gouverneurs de la BCE, Sabine Lautenschläger, a évoqué des taux de dépôt négatifs, ainsi qu’un arrêt de la stérilisation du programme SMP et des rachats d’ABS simples («vanille») sur le marché comme outils mobilisables pour lutter contre les risques déflationnistes. Des outils considérés par Mario Draghi comme légaux tant qu’une décision de justice n’aura pas infirmé ce jugement.
«Il faudrait que l’inflation baisse encore, ou que les anticipations d’inflation flanchent plus nettement» pour que des «bazookas» tels que les rachats d’ABS soient activés, estime néanmoins Vincent Chaigneau, responsable global des stratégies de taux et changes chez SG CIB. Or, le taux d’inflation 5 ans anticipé dans 5 ans reste actuellement légèrement supérieur à 2%. «Le principal déclencheur d’une baisse des rendements en zone euro devrait plus être bâti sur un retour de la confiance que sur des anticipations de mesures de type QE», estime en outre Johannes Gareis, économiste chez Natixis.
Plus d'articles du même thème
-
Spirit Airlines a fini par succomber à la hausse du prix du kérosène
L’échec d’un ultime plan de sauvetage proposé par l’administration Trump a entraîné la cessation immédiate et définitive des activités de la compagnie américaine à bas coût. -
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite».
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- Finaltis reprend Kirao AM
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française