L’Allemagne est prête à un compromis sur la réforme de Bâle 3
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Amélie Laurin
La Banque des règlements internationaux (photo) abrite le Comité de Bâle.
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Bloomberg
L’Allemagne semble prête à lâcher du lest pour arriver à un accord sur la révision des règles de Bâle 3 (ou Bâle 4), au point mort ces derniers mois. « Nous sommes prêts à un compromis », et à signer un accord « qui inclut un output floor (plancher d’exigence de fonds propres, ndlr), si cela ne compromet pas le principe de sensibilité au risque, que nous considérons comme absolument fondamental pour une bonne réglementation et supervision », a déclaré ce matin Felix Hufeld, le président de la BaFin, l’autorité du secteur financier allemand. « Nous sommes très impliqués pour trouver un nouveau standard global et pour trouver un nouveau compromis au niveau de Bâle », a-t-il ajouté sur Bloomberg TV.
Lors de sa réunion de fin novembre, où aucun accord n’avait été trouvé, le Comité de Bâle avait maintenu sa proposition polémique d’un output floor égal à 75% des actifs pondérés par le risque (RWA). Les banques allemandes seraient parmi les plus pénalisées par ce dispositif, sachant que les établissements européens ont largement recours à des modèles internes de calcul des RWA.
« Il est temps pour les critiques de Bâle 3 de passer à la suite au lieu de dresser des barricades », a abondé ce matin Andreas Dombret, membre du comité exécutif de la Bundesbank, qui s’est distingué ces derniers mois par son opposition farouche à l’output floor qui pourrait favoriser les banques américaines. Si la mesure est appliquée, la plupart des banques allemandes verraient leurs besoins de fonds propres augmenter de moins de 5% en l’état actuel des négociations, estime Andreas Dombret, et certaines d’entre elles pourraient même voir leurs exigences abaissées. En revanche, quelques-unes pourraient subir selon lui une augmentation de 20% de leurs besoins de capitaux. « Dans les négociations, nous allons continuer à insister pour qu’il n’y ait pas un output floor trop élevé », a ajouté le représentant de la banque centrale allemande.
Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a également déclaré ce matin qu’« une reprise rapide des négociations serait dans l’intérêt de tous, notamment parce que les incertitudes réglementaires provoquées par le report de Bâle 3 constituent sans aucun doute un fardeau pour les banques ». Alors que le nouveau président américain Donald Trump souhaite alléger les règles qui pèsent sur les banques américaines, « une déréglementation dans l’espoir de stimuler l'économie risque de se révéler contre-productive », a par ailleurs prévenu Jens Weidmann, lors d’une conférence en Allemagne avant la réunion des ministres des Finances du G20 vendredi et samedi outre-Rhin. Le président de la Bundesbank appelle le G20 Finance à «tenir sa promesse de réformes réglementaires et son rejet clair de l’arbitrage réglementaire».
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