L’Allemagne confrontée à un choix de politique économique capital
La Chancelière Merkel est fixée : tout retour à une « grande coalition » de gouvernement avec les sociaux-démocrates passera par une politique économique revue en profondeur. Ce n’est pas trop tôt.
La rupture avec la politique suivie par Wolfgang Schaüble est au cœur du projet du chef de file du SPD Martin Schulz. Selon lui, «notre continent ne peut pas se permettre de subir quatre années d’une politique allemande telle que l’a pratiquée » l’ancien titulaire du portefeuille des Finances.
Voilà qui est clair et d’ailleurs exact. Rarement grand argentier allemand n’a été aussi populaire que Wolfgang Schaüble. Pourtant jamais un européen aussi convaincu n’aura incarné jusqu’à la caricature une politique budgétaire si restrictive qu’elle était souvent plus proche de l’incantation idéologique que de l’orthodoxie.
Son résultat a été l’accumulation par l’Allemagne d’excédents d’épargne déraisonnables. Comme le rappelait une note récente du Trésor français, notre voisin détient le record du monde de l’excédent de la balance courante avec 8,3% du PIB. Soit un surplus d’épargne par rapport à l’investissement supérieur à 250 milliards d’euros par an !
Un changement de cap économique à Berlin serait une nouvelle capitale pour les perspectives de croissance en Europe. Il comblerait d’aise d’abord la France, qui milite avec constance depuis des années pour un rééquilibrage de la politique économique allemande.
Mais il satisferait aussi la Commission européenne. Car beaucoup de dossiers n’avancent pas parce que l’Allemagne refuse de consentir un effort financier plus important pour ne pas ouvrir la porte à une Europe des transferts dont son opinion ne veut pas par crainte d’en être la première victime.
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