L’Allemagne a recours à sa première obligation de projet
L’Allemagne profite de l’attractivité de sa situation financière pour financer ses projets d’infrastructures. Dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), un consortium composé d’Hochtief Solutions, du fonds néerlandais Dutch Infrastructure Fund (DIF) et de Kemna Bau a été chargé de l’organisation et du financement d’un vaste projet de modernisation et d’entretien de l’autoroute A7 en Allemagne comprenant un élargissement de ses voies ainsi que la construction et la rénovation de 29 ponts. Le groupe de construction allemand détient une participation majoritaire de 49%, alors que celles de DIF et de Kemna Bau se montent à respectivement 41% et 10%.
Ce projet d’un montant global de 600 millions d’euros a été financé par la première émission de «project bonds» destinée à un projet d’infrastructure publique en Allemagne. Une émission à laquelle la Banque européenne d’investissement (BEI) a apporté sa pierre, en y investissant 170 millions. «En optimisant le coût financier, la BEI a toujours joué un rôle important dans les PPP. Néanmoins, l’A7 est unique dans la mesure où la société gérant le projet peut se financer elle-même directement sur les marchés de capitaux sans le soutien du programme de project bonds de l’Union européenne», précise Wilhelm Molterer, vice-président de la BEI.
Sa participation a néanmoins permis à l’obligation de maturité 29 ans d’obtenir une notation A3 par Moody’s, soit un cran et demi au-dessus de celle qu’elle aurait eu sans son soutien, et de concéder ainsi un coupon de 2,957%, soit 120 pb au-dessus du niveau du rendement des obligations d’Etat allemandes à 30 ans. A titre de comparaison, la Belgique a également émis récemment une obligation du même type et de maturité à peu près équivalente en concédant néanmoins un coupon nettement plus élevé de 4,5%, soit un spread de 220 pb au-dessus du rendement belge à 30 ans.
Dans ce contexte, l’obligation non cotée a été placée auprès de sept investisseurs institutionnels européens mais également américains, dont la BEI et KfW. En outre, l’Etat allemand s’est engagé à rembourser une partie des capitaux investis par le consortium en charge de l’opération au fur et à mesure de l’avancement des travaux. La structuration et le montage du project bond ont été dirigés par la Société Générale, avec l’appui du Crédit Agricole pour assurer la tenue de livre.
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