L’Ajax relance le débat sur l’intérêt de la cotation des clubs de football

Un rapport réalisé à la demande des dirigeants conclut que le club néerlandais fonctionnerait mieux en dehors du marché
Olivier Decarre

Un club de football comme l’Ajax d’Amsterdam n’a pas sa place en Bourse : tel est en résumé l’avis rendu par une commission chargée par la direction du club d’examiner ses performances depuis son introduction en 1998. Ainsi, le rapport avance qu’hormis les 54 millions d’euros levés à l’époque, la cotation n’a rien apporté au club sur le plan financier. En termes de valorisation, le groupe a même perdu 42 % depuis la fin 1998.

Une sortie du marché obligerait ainsi le club à «trouver un nouvel équilibre» alors qu’aujourd’hui, la commission relève une inadéquation entre les contraintes sportives (auxquelles sont attentifs les supporters actionnaires) et l’obligation de résultats à laquelle est soumise une société cotée. Il est vrai que ces dernières années, le club n’a pas plus brillé sur le plan financier que sportif. Depuis 2001, il n’a été bénéficiaire que sur deux exercices et ses pertes nettes cumulées s’élèvent à 42,52 millions d’euros, soit environ 66 % de son chiffre d’affaires annuel. Des résultats qui prouvent une nouvelle fois la fragilité des modèles économiques dans le secteur, alors que les investisseurs apprécient d’avoir un peu de visibilité.

Hier, le marché a en tout cas apprécié les conclusions du rapport qui laissent espérer un retrait de la cote, même si la direction a averti qu’elle devait procéder à un examen de la situation avant de prendre une décision. Le titre a bondi de 6,67 % à 8 euros, portant la capitalisation du groupe à 150 millions d’euros. La fondation à la tête du club détenant déjà 73,3 % du capital, la facture d’un «delisting» avoisinerait donc sur cette base les 40 millions d’euros.

Si l’affaire peut sembler anecdotique compte tenu des montants en jeu, elle risque cependant de relancer le débat sur la pertinence de la cotation des clubs de football. Surtout que l’histoire est déjà riche en déconvenues boursières, que ce soit en Italie ou au Royaume-Uni.

En France, certains ne pourront s’empêcher de penser au cas OL Groupe, introduit en février 2007. Certes, les résultats financiers sont ici plus flatteurs. Et le club a bien pris soin de vendre son modèle comme celui d’un groupe de loisirs, assis sur un projet immobilier d’envergure (le futur stade). Il n’empêche que depuis son IPO, il a cédé 17 % en Bourse, sous-performant largement son indice Stoxx de référence.

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