L’AIE table sur un baril de pétrole à 99 euros en 2020
Alors que le cours du pétrole brut enregistre une forte progression depuis début septembre, les perspectives publiées hier par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ne laissent pas espérer une accalmie sur la montée des prix des énergies fossiles. Dans son scénario intégrant les mesures prises jusqu’à mi-2010 par les Etats pour limiter la consommation et utiliser des énergies alternatives, le prix du pétrole passerait de 60,4 dollars en 2009 à 110 dollars en 2020 et à 135 dollars en 2035. Mais l’agence a dévoilé cette année un nouveau scénario central qui prend aussi en compte tous les engagements pris par les Etats récemment et non encore mis en œuvre. Sur cette base, le cours de l’or noir monte toujours, mais de façon moins notable. Il s’élèverait à 99 dollars en 2020 et à 113 dollars en 2035. Les prix du charbon et du gaz naturel progresseraient aussi, mais de façon moins marquée que dans le premier scénario. «Nous avons pris les gouvernements au mot en supposant qu’ils allaient effectivement mettre en œuvre leurs politiques, même prudemment», explique Nobuo Tanaka, le directeur général de l’AIE, commentant ce nouveau scénario. «Le message est clair, les prix vont monter surtout si les pays consommateurs ne modifient pas leurs habitudes, notamment dans le secteur des transports», a indiqué Fatih Birol, économiste en chef à l’AIE à Reuters.
Les pays émergents auront un rôle déterminant dans l’évolution des prix. La Chine, qui est devenue le premier consommateur d’énergie, devant les Etats-Unis en 2009 d’après les données préliminaires de l’AIE, sera à l’origine de la moitié de la croissance nette de la demande de pétrole d’ici 2035, l’autre moitié étant le fait d’autres pays émergents, en particulier de l’Inde. La demande des pays de l’OCDE diminuera en revanche de 6 millions de barils par jour. Au total, la consommation de pétrole s’élèvera à 99 millions de barils par jour d’ici 2035 soit six millions de moins que dans le scénario présenté en 2009. Dans la nouvelle projection centrale de l’AIE, la production totale n’atteindra pas son pic avant 2035 «bien qu’elle s’en approche».
Même si elle n’empêchera pas la hausse des prix, la mise en œuvre des engagements pris par les Etats permettrait un ralentissement de la croissance de la consommation d’énergie primaire. Alors que la demande a augmenté de 2% par an sur les 27 dernières années, elle ne progresserait que de 1,2 % d’ici 2035.
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