«L’aide aux banques européennes continuera à peser sur l’euro»
François Cabau, économiste zone euro chez Barclays Capital
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Solenn Poullennec
L’Agefi : Quelles sont les conséquences du sommet européen pour l’euro/dollar ?
François Cabau : Les conclusions du sommet européen ont insufflé un vent d’optimisme sur les marchés, l’euro/dollar passant de 1,24 le 28 juin à 1,27 le 29 juin dernier. Toutefois, nous pensons que l’ampleur de ces conséquences ne sera que limitée. Le taux était déjà redescendu à 1,24 la semaine dernière et nous prévoyons un taux à la baisse à 1,21 sur 3 mois. En effet, la recapitalisation des banques espagnoles ne pourra se faire directement via le Mécanisme européen de stabilité (MES) qu’après la mise en place d’une autorité de supervision unique. En attendant, l’aide aux banques espagnoles continuera à peser sur la dette souveraine, et sur l’euro. De plus, l’absence de mesures de long terme concernant l’union budgétaire et les eurobonds maintient élevé le niveau d’incertitude sur la sortie de crise, et donc le risque premium de l’euro. Enfin, face aux perspectives de croissance atone, la politique monétaire souple de la BCE favorise cette tendance baissière.
Comment voyez-vous évoluer l’euro/livre dans les mois à venir ?
Nous prévoyons une baisse de l’euro/livre de 0,80 à 0,78 à trois mois. Bien que la Banque d’Angleterre ait annoncé une augmentation de son programme de quantitative easing, nous voyons la livre comme une valeur refuge. C’est un actif AAA, liquide, qui est actuellement sous-évalué de 10% par rapport à sa juste valeur. Ces caractéristiques favorisent son appréciation et une baisse de l’euro/livre. Par ailleurs, la baisse des taux de refi et dépôt de la BCE de 25pb aux niveaux records respectifs de 0,75% et 0% renforce l’idée de substantiels risques à la baisse pesant sur la zone euro.
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