L’Adam propose une OPA à 90 euros pour débloquer le dossier Eiffage
Craignant qu’aucune porte de sortie ne soit offerte aux minoritaires, l’association de Colette Neuville évoque une offre publique d’achat par Sacyr
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Philippe Mudry
La tension monte sur le dossier Eiffage à mesure qu’approche l’audience de la cour d’appel de Paris qui doit se prononcer, le 5 février, sur l’obligation faite par l’AMF à l’espagnol Sacyr Vallehermoso de lancer une OPA, en non une OPE, sur le groupe français.
Craignant que l’imbroglio juridique et l’aggravation des conditions de marché ne privent les minoritaires de toute porte de sortie, l’Adam, que préside Colette Neuville, a fait savoir lundi qu’elle approuverait une OPA voisine de 90 euros, très inférieure au cours généralement attendu de 127,30 euros compte tenu de la décision de l’AMF du 26 juin 2006. La prime par rapport au cours actuel d’Eiffage, remonté à 62,27 euros hier après avoir coté sous les 58 euros, serait encore supérieure à 40 %.
Pourquoi 90 euros ? Parce qu’il s’agit d’une moyenne entre les cours extrêmes atteint pour le titre Eiffage depuis un an. L’Adam veut croire que cette solution serait acceptable par toutes les parties. Par Sacyr d’abord : en contrepartie d’un abandon des procédures lancées contre la décision de l’AMF touchant l’action de concert dont elle accuse l’entreprise espagnole, Sacyr ne serait plus obligée de lancer une OPA au cours maximal atteint lors des ramassages du printemps dernier (127,30 euros).
Par les actionnaires d’Eiffage ensuite, puisque le cours proposé de 90 euros demeure attrayant sur moyenne période, assurant à la grande majorité d’entre eux une agréable plus-value. Par l’AMF enfin, dont la décision du 26 juin ne serait plus contestée et qui verrait une affaire longue et complexe se terminer par une opération en numéraire.
L’Adam juge que l’AMF peut en droit autoriser une telle solution. Car au titre de l’article 234-6 de son règlement général, l’autorité de marché peut « demander ou autoriser une modification du prix proposé lorsqu’un changement manifeste des caractéristiques de la société visée ou du marché de ses titres le justifie », rappelle l’Adam. La crise des marchés de crédit et immobiliers lui paraissent justifier une telle autorisation.
Si, selon diverses sources concordantes, l’idée pourrait en effet sourire à l’AMF voire à Sacyr, des difficultés demeurent à prévoir. A supposer que Sacyr soit prêt à débourser 90 euros par titre et que l’AMF valide ce prix, des recours de minoritaires espérant davantage sont probables, fait notamment valoir une source proche du dossier.
Aucune des parties prenantes n’a souhaité commenter l’information.
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