L’action de Fitch ou de Moody’s sur la note de la France sera cruciale
Le 13 janvier, la France a été dégradée à AA+ par l’agence de notation Standard & Poor’s. Dans les deux autres principales agences, Moody’s et Fitch, la France est toujours notée AAA, mais ces dernières se montrent de plus en plus prudentes sur la qualité de crédit de l’Hexagone. Le 16 décembre dernier, Fitch a abaissé la perspective à négative. Quant à Moody’s, après s'être donné trois mois mi-octobre pour revoir la perspective sur la France, elle devrait finalement prendre sa décision «au premier trimestre», a indiqué l’agence hier.
«La note Aaa de la France pourrait être mise sous pression si le ratio de dette publique sur PIB continue de dériver», prévient l’agence. Si la crise de la zone euro s’intensifie encore, la note de la France serait sous pression compte tenu des «conséquences directes sur le déficit et la position financière de la France» et d’un possible soutien supplémentaire à des Etats membres ou aux banques domestiques.
Fitch offre davantage de visibilité sur sa note. L’agence prévoit de maintenir le AAA de l’Etat en 2012 tout en gardant une perspective négative en raison de la situation économique, budgétaire et des finances publiques. «Un changement de gouvernement ne va pas nous inciter à revoir notre jugement», a expliqué David Riley, en charge des notes souveraines chez Fitch, lors d’une conférence de presse hier. L’agence restera cependant en alerte sur les finances françaises et réévaluera son jugement en 2013. Le cycle des déficits «doit être rompu», a-t-il prévenu. Des réformes doivent en outre améliorer la compétitivité du pays.
Si une deuxième agence décide de dégrader la note de la France, les conséquences seront plus notables qu’après la seule décision de S&P le 13 janvier dernier. La majorité des indices obligataires AAA exigent deux notes AAA. «Dès lors, une dégradation de la France ou de l’Autriche par Moody’s obligerait les asset managers ayant pour benchmarks ces indices AAA à vendre leurs titres», expliquent les stratégistes de Natixis. L’utilisation des titres souverains comme garanties auprès de la BCE en échange de financement ne serait pas remise en cause en revanche, car la décote reste la même jusqu'à A-. L’institution tient compte des notes de quatre agences, dont la canadienne DBRS, et fixe la décote sur les actifs déposés en garantie sur la base de la meilleure note attribuée par l’une des quatre agences.
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