L’action Alstom retrouve quelques couleurs en Bourse

Si le titre a été porté par des informations de presse, le consensus laisse aussi entrevoir que la récente correction a été excessive
Olivier Decarre

Le mouvement de repli entamé par le titre Alstom début décembre toucherait-il à sa fin ? Vendredi, une amorce de rebond a en tout cas été entrevue, avec un gain de 5,03 % à 128,17 euros. Si le groupe ne faisait vendredi « pas de commentaire » sur l’article, nul doute que les informations du Financial Times sur l’obtention d’un contrat en Italie pour 25 AGV (soit 700 millions d’euros) y ont été pour beaucoup.

Parallèlement, Alstom a été soutenu par un relèvement de recommandation de la part de Goldman Sachs qui n’est plus négatif mais neutre. Alors que l’intermédiaire admet que l’action a gagné 277 % depuis son placement en sell list en juin 2005, il reste convaincu que le titre est cher (il vise 130 euros). Mais selon lui, « dans l’environnement actuel, cela est d’une importance secondaire comparé à la sécurité sur les résultats offerte par la société ».

En fait, si Goldman Sachs entrevoit un éventuel point faible, c’est du côté de ce qui a fait sa force ces derniers temps : les commandes. « Il est important de noter qu’Alstom pourrait, en cas de brusque ralentissement des commandes, subir une érosion de son fonds de roulement, les avances des clients étant alors peu à peu consommées », explique le bureau en précisant que cela aurait « un effet préjudiciable sur la valorisation ».

Pour l’instant, au vu des rumeurs, les commandes ne semblent néanmoins pas en risque. Quant au troisième trimestre de l’exercice (à fin décembre), pour lequel des chiffres seront donnés jeudi, l’inventaire des commandes annoncées et chiffrées par le groupe porte déjà le total à 3,7 milliards d’euros. « Nous prévoyons des prise de commandes de 5 milliards d’euros », résume Dresdner Kleinwort. Ramenées à un chiffre d’affaires attendu à 4,1 milliards, elles induiraient un ratio book to bill de 1,2. Un chiffre qui serait certes inférieur au ratio de 1,6 du premier semestre. Mais qui s’avèrerait finalement conforme à la moyenne annuelle des trois exercices précédents et marquerait quoi qu’il en soit un allongement de la période d’activité sécurisée par le groupe (28 mois à l’issue du premier semestre). De quoi, pour beaucoup, justifier une revalorisation. Si un gérant affirmait en novembre à L’Agefi que « tout est déjà intégré dans les cours », un retour vers les niveaux affichés à cette période (environ 160 euros) serait justifié pour le consensus.

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