La zone euro concentre le gros des risques pour la croissance mondiale
Faut-il encore accorder foi aux prévisions économiques du FMI ? L’organisme a ajusté légèrement à la baisse ses prévisions de croissance mondiale de 0,1 point pour cette année et 0,2 point pour 2015 par rapport au mois de juillet pour les ramener à 3,3% et 3,8% dans le cadre de son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales publié hier.
Le Royaume-Uni et les Etats-Unis font figure de locomotives des économies avancées, avec des taux de croissance de 3,2% et 2,7% sur 2014 et 2015 pour le premier, et 2,2% et 3,1% pour le second.
Après avoir abaissé ses prévisions à neuf reprises sur douze durant les trois dernières années, le Fonds a reconnu que, malgré des chocs non prévisibles, «les revers de la croissance internationale ont surpris à la baisse, comparés à chacune de nos prévisions depuis 2011». Entre 2011 et 2014, l’organisme a surévalué le niveau de croissance de 0,6 point en moyenne. Dans son exercice d’autocritique, le FMI révèle que la moitié de ses erreurs proviennent de la surestimation de la croissance des Bric, 20% de celle du Moyen-Orient, le reste provenant principalement des prévisions trop optimistes concernant la zone euro et le Japon, notamment sur 2011 et 2012.
Or, même si elles ont été abaissées de 0,3 et 0,2 point sur 2014 et 2015, les prévisions de croissance en zone euro restent, à 0,8% et 1,3%, dans le haut des estimations: Barclays anticipe par exemple 0,7% et 1,1%. C’est pour la France que le Fonds se montre le plus optimiste avec une croissance de 1% prévue en 2015, contre seulement 0,6% par Barclays. Celle de l’Allemagne a subi un coup de rabot de 0,5 et 0,2 par rapport aux prévisions de juillet, à 1,4% et 1,5%, ainsi que celle de l’Italie, attendue en contraction de 0,2% cette année puis à +0,8% en 2015. Seule l’Espagne a vu ses perspectives de croissance s’améliorer légèrement à 1,3% et 1,7%.
«Il existe un risque que la reprise en zone euro cale, que la demande s’affaiblisse davantage, et que la faible inflation se transforme en déflation», a d’ailleurs alerté Olivier Blanchard, chef économiste du FMI qui estime à 30% la probabilité d’une entrée en déflation de la zone en 2015 et à 40% celle d’un retour en récession malgré les mesures prises par la BCE. Un scénario qui mettrait en péril l’économie mondiale. Pourtant, dans le cadre des discussions du G20 qui se tiendront en fin de semaine, Berlin devrait maintenir qu’il n’existe aucun risque de déflation en zone euro, selon le Wall Street Journal.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets. -
L’économie française subit un coup de mou au premier trimestre
Le PIB s’est légèrement contracté alors que l’inflation continue d’augmenter et que le chômage remonte. Les premiers effets de la crise au Moyen-Orient se font sentir et aucun moteur de croissance ne compense ce ralentissement. -
SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Chaque mois, la rédaction de L’Agefi Patrimoine vous propose un condensé des nouvelles des SCPI : acquisitions, cessions, liquidités, nominations… -
Les minoritaires de Meta réclament majoritairement le principe « une action, une voix »
Lors de l’assemblée générale du 27 mai, l’une des dix résolutions dissidentes, proposant d’adopter un plan de recapitalisation attribuant une voix à chaque action en circulation, a obtenu 26% de soutien, alors que Mark Zuckerberg contrôlait les deux tiers de l’assemblée. -
CVC prend goût au secteur des ingrédients
La société d'investissement va racheter pour 4,3 milliards de dollars la division d'ingrédients alimentaires de l'américain IFF, lequel se recentre sur les arômes, les fragrances et les ingrédients santé.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
Contenu de nos partenaires
-
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France -
« Il y a une prime au gagnant considérable » : la folle course d'Anthropic, qui détrône OpenAI
Propulsé par son modèle phare Claude, Anthropic a levé 65 milliards de dollars le 28 mai, portant sa valorisation à 965 milliards de dollars, devant OpenAI. Un chiffre sidérant qui remet sur la table les débats autour d'une potentielle bulle financière de l'IA -
Donald Trump renonce à sa mainmise sur le Kennedy Center
Le président américain va transmettre le contrôle de la salle de spectacles au Congrès. Vendredi un juge fédéral a demandé à ce que son nom soit retiré du site ; la fermeture pour deux ans de travaux a également été retoquée