La zone euro aiguise ses outils de gestion de crise
Les discussions ont été soutenues mais fructueuses pour les chefs d’Etat ou de gouvernement de la zone euro vendredi à Bruxelles. Angela Merkel (photo) a voulu y voir «un message important sur l’engagement politique des pays de la zone à se battre pour la stabilité de l’euro». La capacité effective de financement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) passe de 250 à 440 milliards d’euros, tandis que le Mécanisme européen de stabilité financière (MES) qui lui succèdera dès 2013 est doté d’une capacité de 500 milliards.
Outre le renforcement de ces instruments, ce sommet extraordinaire a également été l’occasion d’entériner leur assouplissement. «L’assistance financière du MES et du FESF prendra la forme de prêts», rappelle le communiqué final. «Toutefois, pour optimiser le rapport coût-efficacité de leur soutien, le MES et le FESF peuvent également, à titre exceptionnel, intervenir sur le marché primaire de la dette, dans le contexte d’un programme subordonné à une stricte conditionnalité».
Berlin a donc soutenu cette refonte de la boîte à outils dédiée à la gestion des crises en contrepartie de l’adoption de son pacte de compétitivité pour l’euro. Celui-ci prévoit notamment que les pays membres «s’engagent à traduire dans leur législation nationale les règles budgétaires de l’Union européenne figurant dans le pacte de stabilité et de croissance».
Alors que la perspective d’une restructuration de la dette grecque semble inéluctable aux yeux de certains observateurs (lire L’Agefi du 10 mars), les dirigeants ont décidé de faire un geste en direction d’Athènes. «[...] eu égard aux engagements pris par la Grèce dans le contexte de son programme d’ajustement, le taux d’intérêt appliqué aux prêts concédés à ce pays sera ajusté de cent points de base», indique le communiqué. «De plus, l'échéance de tous les prêts-programmes à la Grèce sera repoussée à sept ans et demi, comme c’est le cas pour ce qui est du FMI», ajoute le document.
A deux semaines du sommet des 24 et 25 mars, qui réunira cette fois les 27 pays membres de l’Union européenne, l’Irlande a plaidé pour un traitement similaire. Mais la confrontation a été tendue entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel d’un côté et Enda Kenny, le Premier ministre irlandais fraîchement nommé, de l’autre. Celui-ci a en effet refusé de discuter d’un éventuel abaissement du taux d’imposition sur les sociétés, fixé à 12,5% du côté de Dublin.
Autre économie périphérique dans la zone de turbulences, le Portugal avait dévoilé quelques heures avant le début du sommet un train de nouvelles mesures budgétaires. Celles-ci comprennent entre autres une réduction des dépenses de santé et d’aide sociale, le report de projets d’infrastructures et le renforcement des réformes structurelles, notamment celle du marché du travail avec une diminution des indemnités de licenciement. Un effort qui n’a pas empêché le rendement de l’emprunt d’Etat portugais à dix ans de s’apprécier encore à 7,79%.
Alors que ce sommet a été largement monopolisé par la situation des périphériques, Paris peut se féliciter d’avoir emporté l’adhésion de ses partenaires sur la nécessité de réfléchir à l’introduction d’une taxe sur les transactions financières.
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