La volatilité sur le lait pousse à la création de marchés à terme

Nyse Liffe lance aujourd’hui un contrat à terme sur le lait en poudre. Cet instrument de couverture intéresse surtout les industriels
Violaine Le Gall

La filière européenne du lait peut dorénavant se protéger contre la volatilité des prix. Nyse Liffe lance aujourd’hui le premier contrat à terme sur la poudre de lait écrémé, avec une possibilité de livraison physique, dans cette région. Ce nouveau produit promet d’être fort utile pour les industriels et les transformateurs. Il n’existait pas jusqu’ici de prix de référence pour le lait en Europe, les tarifs étant fixés localement. Les marges de la filière sont par ailleurs pénalisées par la forte volatilité.

Les industriels de l’agroalimentaire par exemple «sont très sensibles aux variations du prix du lait car ils doivent, parallèlement, fixer leurs prix pour la grande distribution sur de longues périodes», explique Maxime Jouenne, consultant de la société de conseil Agritel. C’est dans ce contexte que les professionnels de la filière laitière ont préparé avec Nyse Liffe la création de ce marché sur les deux dernières années.

«Les producteurs profiteront de ce marché, puisque, en accédant aux prix des contrats, ils obtiendront une indication sur le prix du lait qu’ils vendent», explique Nicholas Kennedy, chef de produits matières premières chez Nyse Liffe. Les informations qu’ils recevront seront encore plus complètes dans les mois à venir. L’opérateur boursier prévoit en effet de lancer des contrats à terme sur le beurre et la poudre de lactosérum au premier semestre 2011.

Malgré l’intérêt bien réel de la filière, «le marché mettra du temps à se développer, les transformateurs et les négociants étant encore peu familiarisés avec les contrats à terme. Mais ils auront tout intérêt à les utiliser d’ici à 2015, lorsque la PAC sera réformée, ce qui se traduira par une libéralisation des marchés, et donc une plus grande volatilité sur le prix du lait», souligne Nicholas Kennedy. Une fois liquide, le marché pourrait attirer dans une deuxième temps les investisseurs financiers.

La volatilité sur le prix du lait n’intéresse pas seulement Nyse Liffe. Il y a un an, l’américain CME a lancé plusieurs contrats avec un règlement en cash, et plus récemment, un future avec une possibilité de livraison physique. Au printemps dernier, l’allemand Eurex a créé des contrats à terme sur la poudre de lait écrémé et sur le beurre, avec un règlement en cash. Mais le démarrage est lent. Enfin, l’opérateur boursier néo-zéolandais, NZX, propose un contrat depuis une dizaine de jours.

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