La volatilité des marchés impose un coup d’arrêt aux émissions de crédit
La semaine dernière, face aux conditions de marché, seuls deux corporates ont émis. Le plan européen devrait relancer le marché primaire
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Laure Closier
Parti en roadshow, en début de semaine dernière, le groupe d'électroménager SEB n’a toujours pas émis sur le marché obligataire. Sans référent (ni note, ni CDS), l’opération était risquée. Les conditions de crédit la semaine passée et la volatilité des marchés avaient, en effet, de quoi refroidir les émetteurs potentiels. L’aversion pour le risque souverain européen liée à la peur de la contagion grecque a pris des proportions ingérables sur les taux comme sur les indices actions, gelant les émissions obligataires corporate.
Les spreads de CDS et les rendements au sein de la zone euro se sont littéralement envolés à partir de jeudi, suite aux déclarations de non-intervention de Jean-Claude Trichet. La contagion a gagné les indices iTraxx corporate, tant en catégorie investissement que sur le haut rendement. Seuls Aéroport de Paris (ADP) et Casino Guichard se sont lancés dans la bataille. Sorties respectivement mercredi et jeudi, les deux entreprises ont trouvé des conditions de financement relativement correctes. Les spreads par rapport aux mid-swaps ont été fixés à 80 points de base pour ADP, ceux de Casino à 160 pb dans le haut de la fourchette. «Ces deux émissions correspondent à des opérations de gestion actif /passif avec des rachats de dette courte pour émettre de la dette longue», explique un banquier originateur de dette. Vendredi, seule une foncière allemande a émis en euros, pour un faible montant.
A chaque début de semaine, son retournement de situation. Lundi, suite aux annonces des ministres des Finances de l’Union européenne d’un mécanisme de soutien aux pays de la zone euro de 750 milliards d’euros, ainsi que le changement radical de position de la BCE qui s’engage désormais à acheter de la dette publique et privée, les marchés sont devenus euphoriques. Les indices cash et CDS se sont resserrés, du coup certains émetteurs regarderaient le marché. «La semaine dernière, la volatilité rendait impossible une sortie. Un peu de stabilité offre des occasions», constate Karim Mezani, responsable de la syndication obligataire corporate chez Natixis. La semaine devrait donc marquer une reprise des émissions de dette corporate et financière, SEB étant bien sûr le premier attendu.
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