La volatilité des devises repart à la hausse
La nervosité sur le marché des changes monte d’un cran. Alors que le scénario d’un nouvel assouplissement quantitatif de la Fed nourrit la dynamique baissière du billet vert, la volatilité des devises internationales contre le dollar s’est nettement accrue depuis l’éclatement de la «guerre des changes». La volatilité hebdomadaire et à un mois sur l’euro/dollar, depuis début septembre, est remontée de 4 et 3 points de pourcentage à 13,7% et 13,6%. Du grain à moudre pour le G20 Finance qui se réunit aujourd’hui et demain à Séoul.
Nourri par la hausse surprise des taux directeurs chinois et des propos du secrétaire du Trésor américain, Timothy Geithner, le retour en grâce du billet vert n’a pas tenu. Après avoir touché un plus bas de 1,3698 mercredi, l’euro/dollar a vite retrouvé le chemin de la hausse. La parité se traitait jeudi à un plus haut de 1,4051. Un bond de 3% en deux séances. La volatilité hebdomadaire de l’euro/dollar, qui a commencé la semaine à 12,8%, s’établissait hier à 13,7%, contre une moyenne depuis fin mai de 12,9% et un plancher de 9,2% début septembre. La volatilité à 3 mois évoluait jeudi autour des 13,6% à comparer à une moyenne ces six derniers mois de 13,07% et un plus haut de 16,5% le 20 mai. Valérie Perez, responsable changes en France chez Deutsche Bank juge «violente» cette remontée de 11% à 13% de la volatilité à 1 mois de l’euro/dollar depuis l’éclatement de la «guerre des changes».
«La hausse brutale de l’euro/dollar s’explique par un différentiel de taux entre dollar et euro en faveur de la monnaie unique, les marchés anticipant une hausse des taux de la BCE avant la Fed après les propos d’Angela Merkel et de Philippe Weber suggérant une sortie de la stratégie de crise. La publication d’un rapport aux Etats-Unis suggérant que la Fed rachèterait 500 milliards de dollars de Treasuries en plus ces six prochains mois a aussi pesé sur le dollar», explique Valérie Perez.
Cette dynamique de regain de volatilité s’applique notamment sur les parités croisées entre dollar et devises à rendement élevé. C’est le cas du dollar australien/dollar américain et dollar néozélandais/dollar américain, dont la volatilité hebdomadaire atteint respectivement les 15,8% et 15,6%. Toutefois, le regain actuel de nervosité sur le marché des changes est moins brutal qu’au mois de mai. A cette période, la volatilité sur l’euro/dollar à une semaine est passée en l’espace de quelques jours de 12% à un pic de 23,7% dans un contexte d’exacerbation de la crise grecque.
Au vu des récents mouvements des taux de change, selon un représentant officiel d’un pays du G20 interrogé par Bloomberg, les ministres des Finances et banquiers centraux diront, à l’issue de leur rencontre samedi en Corée du Sud, qu’ils souhaitent «un système de taux de change déterminé par le marché minimisant davantage les effets adverses des excès de volatilité et de mouvements désordonnés des taux de change». Il serait également prévu que le G20 déclare que ses membres tenteront de «s’abstenir de toute dévaluation compétitive» de leurs devises afin d’atténuer les tensions commerciales et éviter que celles-ci finissent par dérégler l’économie mondiale. D’ailleurs, Timothy Geithner, dans une entretien publiée jeudi par le Wall Street Journal, souhaite que les pays du G20 s’orientent vers une série de normes sur la politique des taux de changes.
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