La ville de Madrid croule sous une dette de 7 milliards d’euros
L’endettement record de la municipalité de Madrid ne bénéficiera pas d’un traitement d’exception. La semaine dernière, après un entretien très attendu, le Premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a refusé au maire madrilène Alberto Ruiz Gallardón de pouvoir refinancer les crédits arrivant à échéance en 2010 et 2011.
Lourde de 7,15 milliards d’euros, selon la Banque d’Espagne, la dette de la capitale espagnole écrase celles d’autres grandes villes comme Barcelone (794 millions d’euros) ou Valence (862 millions). Dans le cadre des mesures d’austérité lancées en mai dernier, l’exécutif espagnol a interdit aux municipalités endettées à plus de 75% du volume de leur revenus d’emprunter plus encore. Le porte-parole du Premier ministre a expliqué que l’Espagne ne pouvait pas se permettre de donner l’impression aux marchés qu’elle ne tiendrait pas ses engagements de réduction du déficit.
Alberto Ruiz Gallardón, du parti populaire, s’est dit «déçu» mais désireux de poursuivre «la transformation de la ville» qui «par ses investissements et infrastructures mènera la reprise économique de l’Espagne» Madrid a changé de visage à coups de gigantesques travaux, notamment l’enfouissement d’une partie du périphérique, depuis l’arrivée du dirigeant au pouvoir en 2003.
Le refus du gouvernement porte sur la renégociation d’ici à fin décembre de 257 millions d’euros arrivant à terme et d’une échéance portant sur 300 millions en 2011. Madrid devrait rembourser en priorité ses créanciers, une quinzaine de banques, au détriment du règlement des entreprises sous-traitantes dont certaines ne sont plus payées depuis neuf mois. La mairie reconnaît devoir près de 900 millions d’euros à ses fournisseurs. Les deux premières banques espagnoles, Santander, BBVA, ainsi que la caisse d'épargne Caja Madrid sont les principales créancières de la municipalité, selon le quotidien Expansion, à raison de 338, 578 et 460 millions respectivement.
La présidente de la région de Madrid, éternelle rivale du maire au sein du parti conservateur, a suggéré de vendre une partie du patrimoine de la ville pour honorer les factures. Les puissantes régions autonomes et les municipalités sont responsables de plus de la moitié des dépenses publiques en Espagne. José Luis Zapatero convoquera les présidents des régions d’ici un mois pour les pousser à contribuer plus efficacement à la réduction du déficit.
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