La victoire des républicains fournit des alliés précieux aux banques américaines
La déception semble être aussi forte que l’espoir qui était né de l’élection de Barack Obama à la Maison blanche il y a tout juste deux ans. Cela semble ne plus faire de doute: les élections de mi-mandat ont décimé mardi soir, sur fond de saisies immobilières et de hausse du chômage, la majorité démocrate à la Chambre des représentants et gonflé les rangs républicains au Sénat, qui devrait rester cependant sous contrôle démocrate. Les observateurs évoquent un vote sanction sur la réforme de la santé, coûteuse et impopulaire, ainsi que sur les plans de relance n’ayant pas empêché le chômage d’atteindre les 10%.
«Nous nous mettrons tout de suite au travail pour réduire le déficit en coupant dans les dépenses fédérales l’année prochaine afin de les ramener aux niveaux de 2008», a immédiatement prévenu le républicain Eric Cantor. Dans le viseur de la nouvelle majorité à la Chambre des représentants: la réforme de la santé, trop coûteuse, la remise en cause des réductions d’impôts votées sous l’administration Bush en faveur des américains les plus favorisés, et la réforme financière.
Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Bank of America, qui avaient fait pression contre la réforme financière, tiennent leur revanche. En effet, l’élection permettra au camp républicain de prendre la direction du comité des services financiers, dirigé depuis 2007 par le démocrate Barney Frank qui est à l’origine, avec le sénateur Christopher Dodd, des nouvelles règles pesant sur le système financier. Un changement de direction au sein de ce comité stratégique pourrait permettre aux républicains, proches des milieux bancaires, de revenir sur quelque 240 règles et de faire pression sur les organismes de contrôle des banques pour assouplir les contraintes imposées aux établissements financiers en termes de capitaux propres, d’utilisation des produits dérivés et de limitation des activités de trading pour compte propre.
Concernant les prêts hypothécaires, les républicains se disent favorables à un désengagement progressif de l’Etat américain dans Fannie Mae et Freddie Mac. Enfin, les républicains pourraient être des alliés précieux pour les géants IBM, Microsoft, Blackstone et Occidental Petroleum dans leur lutte contre la hausse des impôts sur les profits réalisés par les entreprises américaines à l’étranger, souhaitée par l’administration Obama.
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