La victoire de Zapatero pourrait ouvrir la voie de l’Espagne à EDF
En cas de réélection, le Premier ministre espagnol avait indiqué la semaine dernière qu’il était ouvert à des discussions avec le géant français
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Alexandre Boksenbaum
Il n’y avait pas qu’en France que des élections avaient lieu ce week-end, en Espagne également se déroulait un scrutin, celui des législatives. Or c’est sans doute ce dernier plus que le premier qui a dû être le plus suivi par les dirigeants d’EDF. En effet, plusieurs éléments pourraient permettre au géant français de l’électricité de s’attaquer au marché espagnol. Le principal facteur dépendait de la reconduction de Jose Luis Zapatero. C’est maintenant chose faite, puisque le Premier ministre a vu sa formation remporter le scrutin de dimanche avec 43,8% des voix, contre 40,2% pour le parti populaire. Le Premier ministre espagnol avait en effet déclaré lors d’un entretien avec El Pais la semaine dernière qu’il jugeait les conditions favorables pour une entrée d’EDF sur le marché ibérique. Il espérait alors que des discussions pourraient avoir lieu avec le groupe français dès le 10 mars, soit le lendemain des élections.
Ces déclarations ont surtout fait suite à la condamnation de l’Espagne par la Cour de justice européenne dans le dossier Endesa. L’allemand E.ON, qui avait souhaité racheter le groupe espagnol Endesa en 2005, avait dû y renoncer à la suite des conditions imposées par le gouvernement ibérique. Bruxelles a ainsi rappelé que les fusions relevaient de la compétence de la Commission et non de celle des gouvernements nationaux. En l’espèce, Jose Luis Zapatero a pu se sentir contraint d’être plus ouvert sur des opérations étrangères fussent-elles dans un secteur clé, comme celui de l’énergie. C’est ce qu’avait pressenti la juriste Judith Saladrigas au lendemain de cette condamnation en déclarant que cela allait «inciter et encourager les transactions». Par ailleurs, l’Espagne a besoin d’interconnexion électrique avec d’autres pays, or la France, et plus particulièrement EDF, semble bien placée, la relation entre les deux pays étant «bonne». Par ailleurs EDF aurait déjà pris position dans le groupe espagnol Iberdrola, avec une participation de 6%, selon le journal Negocio.
Dès lors compte tenu des déclarations de Jose Luis Zapatero à la presse la semaine dernière, de sa réélection à l’issue du scrutin d’hier et des besoins de l’Espagne, la voie semble libre pour EDF en Espagne. Cependant, l’Espagne pourrait trouver une parade en renforçant Iberdrola avec l’aide de Gas Natural ou Union Fenosa comme certains l’indiquent. Contacté par l’Agefi, EDF n’a pas souhaité faire de commentaires, si ce n’est de confirmer que le groupe n’ira en Espagne que s’il est le bienvenu.
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