La vente du Crillon pour 250 millions sera bouclée d’ici deux mois

Le nouveau propriétaire investira 2,4 millions d’euros par chambre, un coût comparable à celui engagé pour les autres palaces parisiens en rénovation
Violaine Le Gall

Le Crillon a trouvé un nouveau propriétaire. Un an et demi après l’échec des discussions entre le propriétaire actuel, Starwood Capital, et le cheikh saoudien al-Jaber, c’est finalement à un membre de la famille royale saoudienne que le palace parisien devrait être vendu. La transaction sera bouclée d’ici deux mois, indique à L’Agefi une source proche du dossier, confirmant par ailleurs les informations du Figaro de vendredi.

L’hôtel de luxe de 147 chambres est valorisé dans cette transaction 250 millions d’euros. Auxquels il faudra ajouter une centaine de millions d’euros de travaux. « Cette valorisation fait apparaître un prix par chambre de 1,7 million d’euros et, en incluant le coût des travaux, 2,4 millions. Ces montants sont comparables à ceux engagés pour les palaces parisiens qui viennent d’ouvrir ou ouvriront prochainement», observe Thomas Lamson, managing director pour la France de la société de conseil Christie + Co.

En intégrant le coût d’acquisition et les travaux, le prix par chambre atteint 2,95 millions d’euros au Royal Monceau, qui vient de rouvrir. Le prix par chambre s'élèvera à 2,5 millions d’euros au Shangri-La et 3 millions d’euros à l’ancien centre de conférence de l’avenue Kléber (Peninsula), tous deux encore en chantier. «L’investissement dans l’hôtellerie de luxe s’inscrit dans une démarche patrimoniale, sur le long terme. De fait, pour les nouveaux palaces parisiens, le rendement est à peine supérieur à l’inflation», ajoute Thomas Lamson. Les sommes en jeu témoignent de l’augmentation des coûts d’acquisition et de rénovation des palaces sur les dix dernières années. Pour sa réouverture en 2000, le George V avait nécessité un coût global de 1 million d’euros par chambre.

Les premières années s’annoncent délicates pour les cinq nouveaux palaces qui devraient ouvrir à Paris dans les années à venir. En effet, il faut en général trois à cinq ans pour lancer un hôtel, une période pendant laquelle des baisses de prix doivent parfois être concédées. La concurrence sera d’autant plus forte que le Ritz prévoit également un large plan de rénovation.

Toutefois, le lancement des palaces Shangri-La, Mandarin Oriental et Peninsula devrait attirer une clientèle jusqu’alors peu présente à Paris, la clientèle asiatique. Par ailleurs, Paris affiche un faible nombre de lits dans les palaces, en comparaison notamment avec Londres.

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