La valorisation des marchés actions pose problème

La volatilité, synonyme d’incertitudes chez les investisseurs, frémit. Cela pourrait marquer la fin du grand bull market enregistré depuis deux ans.
Pierre Sabatier, PrimeView

Dans notre chronique du mois dernier, nous insistions sur la probable sortie par le bas des marchés actions au terme de la période actuelle d’oscillations débutée au mois de juin dernier (environnement de wave market). Ces dernières semaines ont renforcé notre conviction: les conditions d’un bull market, artificiellement créées par la Réserve Fédérale et ayant permis d’enregistrer une hausse de +83% du S&P 500 depuis le mois de mars 2011 et de +77% de l’Euro Stoxx depuis le mois de juin 2012, semblent vouées à disparaître dans les mois à venir.

Ce facteur dépressif aura du mal à être compensé par des bonnes nouvelles sur le front macroéconomique, en particulier en Europe. Même l’Allemagne, ayant joué le rôle de locomotive au cours des dernières années sur le Vieux Continent, voit ses perspectives économiques révisées à la baisse, traduisant bien la faiblesse actuelle du commerce mondial. Dans ce contexte, il sera difficile de maintenir encore longtemps le déséquilibre entre des fondamentaux économiques dégradés et la valorisation des marchés actions, européens comme américains.

Sur ce point, la saison de publication des résultats qui débute sera intéressante: la question de fond va être de jauger de la capacité des entreprises à maintenir les taux de marge actuels, qui atteignent des niveaux stratosphériques (10,4% contre 9,3% lors du précédent sommet pour le S&P 500). Nous doutons que cela soit possible encore longtemps… Pire, comment réfuter l’idée d’une bulle lorsque l’on observe le ratio cours boursiers sur chiffre d’affaires de l’indice large américain depuis quinze ans ? Nous nous situons aujourd’hui exactement au même niveau que dans les années 2000 et qu’en juillet 2007. Une large partie de la hausse des cours depuis 2012 n’ayant été que la conséquence d’un fléchage de l’épargne privée américaine vers les actifs risqués (via l’achat direct d’obligations américaines par la Fed, qui a de cette manière réduit l’offre pour les autres investisseurs potentiels), il convient de considérer les mois à venir avec prudence en ce qui concerne l’évolution des marchés actions américains.

Par extension, ce dernier restant encore et toujours le marché directeur (le marché européen sur-réagissant systématiquement aux mouvements américains), il devient de plus en plus probable d’observer une reconnexion générale (émergents compris) de la valorisation des actifs risqués avec les fondamentaux économiques dans les mois à venir.

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