La titrisation est encore invoquée pour aider les PME britanniques
Le gouvernement britannique devrait avoir recours à la titrisation pour favoriser le développement des PME. C’est l’une des conclusions d’un rapport commandé par le ministre du Commerce, Vince Cable, et publié la semaine dernière. Il propose de développer une agence pour, entre autres, redynamiser le marché des obligations adossées à des prêts aux PME. De quoi renforcer la crédibilité d’une idée déjà défendue par un membre de la Banque d’Angleterre, Adam Posen.
Le rapport a été réalisé en trois mois sous la direction du PDG de l’assureur Legal & General, Tim Breedon. Il dévoile onze recommandations pour aider les PME de Grande-Bretagne à être moins dépendantes des banques à l’heure où celles-ci restructurent leur bilan. Alors que les PME pourraient être à court de financement à hauteur de 190 milliards de livres d’ici à 2016, l’assureur insiste pour faciliter leur accès au marché.
Seulement 61% des entreprises du FTSE 100 émettent des obligations et sur 1,2 million d’entreprises britanniques, environ 260 ont recours à la fois aux banques et au marché. Les investisseurs institutionnels privilégient les émissions bien notées et liquides, c’est-à-dire généralement supérieures à 150 millions de livres et ils ne sont pas incités à développer des moyens d’analyse de la qualité de crédit des PME.
Pour faire tomber ces barrières à l’entrée sur le marché, le rapport propose d’avoir recours à un émetteur, baptisé Agence pour les prêts à l’économie (Agency for business lending ou ABL). Celle-ci pourrait agréger et financer les prêts des PME en les rachetant ou en achetant des ABS. Elle pourrait se financer en vendant des obligations aux investisseurs et aux ménages. «A côté de ses activités de prêt, l’ABL pourrait jouer un rôle important pour accélérer le redéveloppement du marché des titrisations de PME», assure le rapport.
Peu précis, il se garde de dire si l’agence serait publique ou le fruit d’un partenariat avec le privé. Il ne dit pas non plus si elle devra juste aider au démarrage du marché ou être permanente. Tim Breedon recommande donc de faire travailler le lobby européen des banques d’investissement, AFME, sur une étude de faisabilité, pour «s’assurer que les meilleures pratiques à l’international soient prises en compte et que le mécanisme d’agrégation des prêts proposé permette à l’agence d’accéder aux marchés internationaux».
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