La titrisation de prêts automobiles trouve des raisons d’espérer
Sur les quatre opérations réellement placées en 2008 auprès des investisseurs en Europe, deux relèvent de ce compartiment
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Alexandre Garabedian
Dans le secteur aujourd’hui sinistré de la titrisation en Europe, les motifs de réjouissance sont rares. Le segment des Auto ABS (asset backed securities), les obligations adossées à des prêts automobiles, pourrait en fournir un. Sur les quatre titrisations émises et réellement placées auprès des investisseurs en 2008, deux relèvent de ce compartiment. Elles ont toutes deux été le fait de la filiale bancaire de Volkswagen, la première en Europe continentale fin janvier, la seconde en Grande-Bretagne le 22 février. Et un autre Auto ABS, Globaldrive, portant sur un montant de 500 millions d’euros, a rejoint cette semaine le stock des émissions en attente.
Quelques opérations ne font pas une tendance. Mais les signes d’amélioration sont tangibles. La transaction Driver UK One initiée par Volkswagen outre-Manche a ainsi été souscrite 1,2 fois pour la tranche A (notée AAA) et 1,6 fois pour la tranche B (notée A+). Elles ont été placées avec une marge respective de 70 points de base (pb) et 160 pb, alors que sur le marché secondaire, ce type de papier se traite aujourd’hui à des niveaux de prix de 96 pb pour les tranches notées AAA. «Cela démontre qu’il existe un appétit des investisseurs pour des Auto ABS même dans des marchés disloqués», relèvent les analystes crédit d’UniCredit MIB.
De même, si les problèmes des emprunteurs subprime débordent aux Etats-Unis le cadre immobilier pour toucher les crédits automobiles accordés en 2006 et 2007, l’Europe reste pour l’heure à l’abri de cette contagion. Au quatrième trimestre, le taux d’arriérés de paiement de plus de 60 jours sur les prêts automobiles a décru de 0,1% par rapport au troisième trimestre. Il atteint en moyenne 1%, selon les statistiques de Fitch. Le taux de perte nette est quant à lui descendu à 0,2%, contre 0,4% en moyenne au début de l’année 2007.
Il en faudra cependant plus pour redonner des couleurs à un marché des actifs titrisés toujours gelé. A l’exception de la tranche supérieure d’un CMBS* que Morgan Stanley gardait en soute depuis novembre, toutes les opérations qui sont sorties la semaine dernière - un RMBS* et un CLO* espagnols, un RMBS grec - ont, une fois encore, été retenues au bilan des banques émettrices, faute d’un prix de marché acceptable. Ces dernières devraient s’en servir de garantie pour se refinancer auprès de la Banque centrale européenne.
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