La titrisation atypique de Tesco est loin d’annoncer le retour des CMBS
La semaine dernière, Tesco a animé le marché de la titrisation. Le distributeur britannique a émis Tesco Property Finance 1 Plc, un titre adossé à des prêts hypothécaires commerciaux (CMBS) de 430 millions de livres. La première opération publique de l’année dans la zone euro et le premier CMBS depuis juillet 2008.
Portant sur des tranches de classe A, le CMBS arrangé par Goldman Sachs a été sursouscrit trois fois. Le spread est ressorti sur la fourchette basse attendue de 330-350 pb. Il s’est placé auprès d’une soixantaine d’investisseurs, dont 85 % basés au Royaume-Uni. Les investisseurs à long terme, les fonds de pension et les gérants d’actifs ont raflé 85 % de l’émission, contre 10 % seulement pour les banques. « D’abord, les investisseurs sont attirés par les transactions immobilières, et les fonds de pension particulièrement tentés par le financement structuré adossé à des actifs long-terme. Ensuite, les investisseurs veulent se couvrir contre l’inflation », estime SG CIB.
En détail, l’opération structurée est celle d’un « sale and lease back » de 14 propriétés du groupe Tesco, une variante du leasing [le preneur de crédit-bail vend des bâtiments pour les reprendre immédiatement en location: ndlr]. L’opération également indexée sur l’inflation permet à Tesco de restructurer sa dette et d’optimiser sa fiscalité.
Mais vu son caractère atypique, pour Deutsche Bank, ce CMBS est loin de constituer un point de retournement de ce marché. La banque pointe du doigt le fait qu’il soit lié au risque de crédit Tesco et qu’il porte sur une seule catégorie de tranche. « Nous nous inquiétons de la qualité de crédit de Tesco. Nos analystes sectoriels sont négatifs sur la signature et recommandent d’acheter de la protection sur les CDS », note de son côté SG CIB. La simplicité de la structure (un originateur, un vendeur, un arrangeur) est un point négatif en termes de risque de contrepartie. L’existence de contrats de swaps entre les trois parties, elle, complique les flux de liquidité. La solidité des actifs sous-jacents dans des zones économiques affaiblies est aussi en question.
Surtout, la dégradation des fondamentaux ne favorise pas les émissions de CMBS. S&P a relevé un saut du taux de défaillance des prêts seniors libellés en euro de 3,18 % fin avril à 3,91% fin mai. Celui des prêts en livres s’est stabilisé à un niveau élevé de 3,8 %.
Plus d'articles du même thème
-
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit une revue des actions du secteur dans la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure. -
Les fonds actions des marchés émergents signent leur deuxième plus importante collecte hebdomadaire
Les fonds actions axés sur les marchés émergents ont attiré 29,6 milliards de dollars d’entrées nettes sur la semaine, d’après le Flow Show de Bank of America. -
La roupie indienne reste en mauvaise posture
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Think againLe réchauffement climatique est plus brutal que prévu par le Giec. Donc...
Maintenant, il faut faciliter les recherches de géo-ingénierie, ces techniques de manipulation à grande échelle de l'environnement et du climat terrestre, pour « améliorer l’effet miroir » et tenter de rétablir la balance thermique -
Operation Epic HurryPourquoi Donald Trump hésite à intensifier la guerre contre l'Iran
Deux jours après avoir évoqué une « attaque massive », le président a finalement renoncé à de nouvelles frappes contre l'Iran. Un signe que la Maison Blanche semble reconsidérer sa stratégie militaire face à Téhéran -
Règlement de comptesFibre Excellence : pourquoi le sauvetage d’une usine de papier vire à la guerre ouverte entre Matthieu Pigasse et Bercy
Le bras de fer autour de cette entreprise gagne chaque jour en intensité, transformant peu à peu son avenir en affaire politique