La tension sur l’OAT reste forte malgré le bouclage du programme 2011
L’Agence France Trésor a émis pour près de 7 milliards d’euros de titres hier à des rendements attractifs pour les investisseurs
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Violaine Le Gall
La défiance des investisseurs vis-à-vis de la dette d’Etat française a encore grimpé hier matin, avant l’annonce de la baisse de taux de 25 points de base (pb) de la BCE en début d’après-midi. L'écart de rémunération entre les taux longs français et allemands a enregistré un record à 139 pb, le plus haut depuis 1992, avant de retomber à 120 pb en fin de journée.
Hier matin, l’environnement était donc encore peu porteur pour ce qui pourrait être la dernière adjudication de titres longs de l’Agence France Trésor en 2011. Elle a procédé à l'émission de 6,96 milliards d’euros à échéance 2017, 2021 et 2026 en concédant des rendements plus élevés que lors des opérations précédentes. Sur les titres à 10 ans, ils ont été fixés à 3,22% contre 2,72% offerts début octobre sur la même maturité. Sur cette ligne, la demande est en revanche en hausse. Le ratio de couverture ressort à 2,24 contre 2,02 début octobre.
C’est sur cette note que la France pourrait boucler son programme de financement à moyen et long terme pour 2011, de 184 milliards d’euros. La dernière adjudication de décembre, optionnelle, pourrait en effet être annulée. «Nous nous attendons à ce que l’adjudication de décembre soit annulée compte tenu du niveau élevé de financement réalisé jusqu’ici», prévient Alessandro Giansanti, stratégiste taux chez ING. Mais le maintien du rendez-vous en décembre pourrait aussi permettre à l’AFT de préfinancer le programme 2012. L’an prochain, l’Agence France Trésor doit emprunter 179 milliards d’euros pour un taux moyen prévu de 3,7%.
En brut, la France a emprunté 192,8 milliards d’euros sur le marché cette année. Et à fin septembre, elle avait annoncé pour 18 milliards de rachats. Une émission de titres courts de BTAN et une émission d’obligations indexées sont encore prévues pour le 17 novembre.
Le bouclage anticipé du programme de financement n’a pas joué sur les taux longs, plus influencés par la crise de la zone euro. «Une nouvelle dépréciation de la dette grecque mettra sous pression les banques françaises, qui auront besoin d'être recapitalisées. Nous nous attendons donc à un nouvel écartement des spreads»; explique Alessandro Giansanti qui souligne aussi l’affaiblissement des perspectives de croissance.
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