La tension sur l’euro favorise les émissions en devises exotiques

RCI Banque, la captive de Renault, a émis la semaine dernière pour 500 millions d’euros d’obligations libellées en couronnes norvégiennes
Krystèle Tachdjian

Les émissions obligataires en monnaies dites «exotiques» (autres que le dollar, l’euro ou le sterling) ont le vent en poupe. La semaine dernière, RCI Banque, la banque captive de Renault a lancé une émission obligataire à 3 ans libellée en couronne norvégienne pour 500 millions avec un coupon de 5,5%.

Ramenée en euro, l’opération se chiffre à 67 millions soit un montant relativement limité mais signe une tendance de fond de la part des émetteurs. Ces dernières semaines, les regains de tension autour de la monnaie européenne ont en effet conduit plusieurs grands groupes à opter pour des émissions en couronne norvégienne à l’image de Total, Nestlé, ou encore General Electric.

«La couronne norvégienne (NOK) constitue une opportunité. Il y a de l’appétit de la part des investisseurs, les banques et notamment des banques privées suisses, qui cherchent à profiter de l’appréciation de la devise. C’est la même chose pour d’autres monnaies telles que le dollar canadien, australien, le franc suisse ou la couronne suédoise. Sur ce marché, on retrouve même des émetteurs supra-nationaux comme la BEI», explique Jean-Philippe Brioudes, directeur des marchés de dette et de capitaux chez HSBC France. «Généralement, le coupon proposé pour les émissions en couronnes norvégiennes est élevé ce qui renforce l’attrait de ces levées de fonds», explique un banquier d’affaires parisien.

Depuis le mois de janvier, le montant des émissions en couronne norvégienne (NOK) se chiffre à 182 milliards soit 24,3 milliards d’euros. L’an dernier, le montant total des émissions en couronnes norvégiennes a atteint 323 milliards, contre 237 milliards un an plus tôt.

Ce type d’opérations est généralement réservé aux grands groupes multinationaux. En France, cela concerne les sociétés du CAC 40 ou celles du SBF 120. La plupart du temps, ces émissions en devises autres que l’euro ou le dollar ne répondent pas à un besoin de financement dans la devise émise, et font ensuite l’objet d’une conversion en euro. Il convient ainsi de prendre en compte le coût de rapatriement des fonds. Celui-ci dépendra de la qualité de l’emprunteur.

Dans le futur, les émissions en devises dites exotiques seront d’autant plus amenées à se développer que la réglementation (prospectus…) est identique à celle des émissions en euros. Le cadre légal est ainsi nettement moins contraignant que pour les opérations en dollars.

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