La tension en zone euro met au défi la Banque nationale de Suisse

La BNS a dû voler au secours du seuil de 1,20 franc pour un euro, que le marché des changes a brièvement testé hier
Alexandre Garabedian

Thomas Jordan, le président par intérim de la Banque nationale de Suisse (BNS), a connu son baptême du feu. L’euro/franc a testé hier brièvement la limite de 1,20 que la banque centrale suisse avait fixée le 6 septembre dernier pour endiguer l’appréciation de sa devise. Le taux de change est passé à 1,199 avant de rebondir immédiatement à 1,202 en raison d’achats d’euros par la BNS, selon des sources de marché.

Plusieurs traders invoquaient hier une erreur de cotation sans gravité. «La cassure de ce matin est trop petite pour être significative, et il s’agit apparemment d’un accident technique, relève Kit Juckes, stratégiste change chez SG CIB. La BNS tient sa ligne.» Le test de la limite des 1,20 n’a cependant rien d’anodin. SG CIB a mené cette semaine un sondage auprès de ses clients: un quart d’entre eux estiment que la Banque nationale de Suisse pourra être capable de faire respecter ce seuil pendant 3 mois, mais pas sur une longue période de 12 mois. «Il y a beaucoup de discussions sur l’existence d’options et d’ordres de vente positionnés en-dessous de 1,20 et qui, s’ils étaient déclenchés, pourraient conduire à une baisse beaucoup plus marquée du taux de change», précise par ailleurs Robert Lynch, stratégiste chez HSBC.

La banque centrale suisse a vite réagi hier. Outre ses interventions supposées sur le marché, elle a répété qu’aucun cours en dessous des 1,20 ne serait toléré. Un principe de «tolérance zéro» encore affirmé le 22 mars par Jean-Pierre Danthine, l’un des membres du conseil de la BNS. La promesse verbale d’interventions illimitées a largement suffi jusqu’à présent à bloquer la hausse du franc, mais l’heure des travaux pratiques semble venue.

La question de la parité euro/franc se pose en effet à nouveau en raison du regain de tension sur la crise de la dette souveraine en zone euro. L’intervention verbale du 6 septembre succédait au choc du mois d’août, qui avait provoqué une forte hausse du franc en raison du rapatriement de capitaux suisses et du report des investisseurs vers une devise traditionnellement considérée comme refuge. Hier, les rendements espagnols se sont une nouvelle fois tendus. Ils atteignent désormais 5,71% à 10 ans, soit 78 points de base d’élargissement en un mois, et ont entraîné dans leur sillage ceux de l’Italie, à 5,41%.

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