La supervision bancaire européenne, sujet conflictuel Outre-Rhin
Alors que Michel Barnier a précisé la semaine dernière le calendrier de la Commission européenne concernant la mise en place de la supervision des banques par la Banque centrale européenne (ses propositions officielles seront publiées le 12 septembre), le débat est monté d’un cran Outre-Rhin depuis hier. Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand, a ainsi déclaré ce lundi que l’Europe ne serait pas en mesure de mettre en place une instance unique de supervision des banques de la zone euro d’ici la fin de l’année. Le commissaire européen avait pour sa part indiqué que les banques faisant l’objet d’un plan d’aide seraient soumises à cette supervision dès le 1er janvier prochain, puis les banques systémiques au cours de l’année 2013, et enfin l’ensemble des banques de la zone euro à partir du 1er janvier 2014. Pourtant «la BCE a dit elle-même qu’elle ne disposait pas du potentiel pour superviser les 6.000 banques de l’Union européenne dans un avenir prévisible», a encore estimé Wolfgang Schaüble.
Or les banquiers allemands eux-mêmes ne sont pas tous sur la même ligne. Le coprésident du directoire de la Deutsche Bank, Jürgen Fitschen, a ainsi estimé aujourd’hui lors d’une conférence à Francfort, qu’une telle supervision ne pourrait être efficace que si elle s’applique à l’ensemble des banques, et pas seulement aux établissements les plus importants. «Je pense que si nous faisons valoir que nous autres Allemands sommes différents, alors nous incitons les autres pays à demander eux aussi des exemptions», a même fait valoir Jürgen Fitschen, en critiquant implicitement les revendications des petites caisses d'épargne et banques coopératives allemandes.
Mais la réplique est arrivée sans tarder, puisque dans la même enceinte, le président de la fédération des caisses d'épargne allemandes, Georg Fahrenschon, lui a immédiatement répondu que la supervision de centaines voire de milliers de banques par une autorité de contrôle unique s’avérerait aussi coûteuse que contre-productive. «J’ai parfois l’impression que le but de l’exercice est d’ensevelir la BCE sous une telle charge de travail de routine qu’elle n’aura plus le temps ni la capacité de surveiller avec soin les établissements vraiment dangereux», a ironisé Georg Fahrenschon. Il a également estimé que la mise en place d’un superviseur unique était un pas supplémentaire en direction d’un mécanisme paneuropéen de garantie des dépôts, qui pénaliserait in fine les grandes banques. «Le mot union bancaire cache en réalité un projet de mécanisme de redistribution dans lequel les institutions solides soutiennent les plus faibles, a-t-il accusé. Cela ne doit pas se transformer en politique d’assurance-vie qui exacerberait le problème des banques d’importance systémique (too big to fail).»
Plus d'articles du même thème
-
Apple perd un recours décisif contre la Commission européenne
La plus haute juridiction européenne a notamment maintenu un régime de règles et de contrôles renforcés à l’App Store d’Apple et à son système d’exploitation dédié aux iPhone, iOS. -
UniCredit est aux portes des 50% chez Commerzbank
Le groupe italien a désormais obtenu 17,6% de sa cible allemande via son offre publique. Il devrait être en mesure d’en prendre le contrôle mais pas encore de mettre en œuvre une fusion complète. -
La cour d’appel estime à son tour que Bolloré ne contrôle pas Vivendi
Dans sa décision du 8 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a suivi la Cour de cassation en estimant que Vincent Bolloré et Bolloré SE ne contrôlaient pas Vivendi au sens de l’article L. 233-3 du Code de commerce. Le fonds Ciam se pourvoit en cassation. -
Le succès de sa stratégie small caps amène Andera à renforcer son équipe Expansion
Face à une demande telle que le plafond du véhicule a été relevé à deux reprises, Andera Partners boucle son quatrième fonds Expansion à 430 millions d'euros. Soucieux de ne pas changer de segment en termes de taille d'entreprise, le gérant prévoit de l'élargir progressivement aux marchés italien et espagnol. -
Amazon émet 25 milliards de dollars d’obligations avec une demande en retrait
Le géant du commerce en ligne et du cloud a lancé une nouvelle émission obligataire portant sur huit tranches à taux variable et fixe de 3 ans à 40 ans. Mais le succès n’a pas été aussi spectaculaire que lors de sa transaction précédente, avec un livre d’ordre couvrant l’offre d’un peu plus de 1,5 fois. -
S&P Dow Jones avertit l’Indonésie et la Turquie
A l’instar du fournisseur d’indices MSCI, S&P DJI menace les deux pays d’une rétrogradation en marché frontière en raison d’un manque de transparence.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Hors budget
Pourquoi la facture IA des entreprises explose
Certains grands groupes réduisent drastiquement l'usage des modèles les plus récents pour contenir leurs dépenses, sans perdre pour autant de terrain dans la course technologique -
AudaceLe coup de semonce de la Chine aux Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN
En procédant à un rare tir de missile balistique en mer de Chine méridionale, Pékin a adressé un message clair aux pays membres de l'Alliance atlantique -
« Une déchéance politique » : de Glucksmann à Aliot, les réactions après la condamnation et la candidature de Marine Le Pen
C’est une décision de justice suivie d’un coup de théâtre qui fait beaucoup parler. Dans la matinée du mercredi 8 juillet, les studios de radio et les plateaux télévisés ont invité pléthore de personnalités politiques de tous bords pour réagir à l’arrêt de la Cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN.