La Suisse laisse le soutien de l’Irlande aux mains de la BCE
La Banque nationale de Suisse (BNS) tient à garder son indépendance. Contrairement à la BCE qui vient au secours de ses maillons faibles par le biais de son programme de rachat d’obligations souveraines, la Suisse ne compte pas se laisser contaminer par la crise des dettes souveraines de ses voisins européens. La BNS a en effet refusé de prendre en collatéral les obligations d’Etat irlandaises dont l’échéance intervient entre 2011 et 2025 lors de ses opérations d’injection de liquidités à court terme le 21 décembre dernier, selon les données publiées par la banque. Cette dernière a également écarté de ses activités de «repo» les obligations émises par certaines banques irlandaises (AIB, Bank of Ireland) et étrangères domiciliées dans le pays.
Les titres souverains grecs ont, eux, déjà été écartés des opérations de repo de la BNS dès avril dernier. Se réfugiant derrière des considérations statutaires, Werner Abegg, porte-parole de la banque centrale, indique que les obligations souveraines irlandaises «ne répondent plus aux critères de qualité». Techniquement, les statuts exigent que les opérations en devises étrangères aient une notation minimum de AA-/Aa3. Cependant, les titres émis par les Etats et les banques centrales étrangères ne sont pas soumis aux mêmes exigences. Or, la note de l’Etat irlandais a été abaissée de 3 crans à BBB+ avec une perspective stable, de 5 crans par Moody’s à Baa1 avec une perspective négative, et de 2 crans par S&P à A avec une perspective négative.
Cette décision n’a cependant qu’un impact symbolique dans la mesure où la BNS intervient actuellement massivement sur le marché des changes par le biais d’opérations de «repo inversé» afin de réduire ses excès de liquidités et d’endiguer la hausse du franc suisse, qui s’est fortement apprécié ces derniers mois, à l’instar du dollar australien et le yen. De plus, l’Irlande bénéficie du soutien de ses partenaires, tandis que les porteurs d’obligations souveraines et bancaires irlandaises qui souhaiteraient se refinancer via des opérations de prises en pension peuvent le faire auprès de la Banque centrale européenne. La Banque d’Angleterre continue par ailleurs à prendre de la dette publique irlandaise, économie à laquelle les banques britanniques sont très exposées, alors qu’elle a cessé de le faire pour le papier souverain grec.
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