La sortie de la déflation au Japon est repoussée par le risque de récession
Shinzo Abe peut-il réussir à sortir le Japon de la déflation? En tous cas, les chiffres d’inflation publiés ce matin ont donné du grain à moudre aux propos du leader du Parti Libéral Démocrate (PLD), qui devrait devenir le nouveau Premier ministre japonais à l’issue des élections du 16 décembre. Les prix à la consommation hors produits frais sont restés stables en rythme annuel au mois d’octobre, après une contraction des prix de 0,1% en septembre. L’indice excluant les prix alimentaires et énergétiques est même en retrait de 0,5%, bien loin de l’objectif actuel de la BoJ d’un retour à une inflation de 1%. « Il est difficile d’imaginer que les prix à la consommation augmentent alors que l’économie risque de tomber en récession » estime Yoshimasa Maruyama, chef économiste chez Itochu Corp.
Hier, un des membres de la BoJ, Sayuri Shirai, s’est d’ailleurs montré pessimiste sur la croissance japonaise, les risques baissiers étant plus importants selon elle que les perspectives haussières, et que l’incertitude extérieure pourrait retarder la sortie de la déflation. Et d’ajouter que «le plus important est que la BoJ poursuive sa politique d’assouplissement monétaire agressive jusqu’à ce que l’objectif de 1% d’inflation en 2014 soit en ligne de mire».
Pour le moment, la stratégie de Shinzo Abe semble fonctionner. Depuis le début de sa campagne en faveur d’une poursuite sans limite de la politique d’assouplissement monétaire jusqu’à ce que l’objectif de retour à une inflation de 2% soit atteint, le yen a fortement reflué, l’indice Nikkei a gagné 9% sur les deux dernières semaines, tout en conservant des coûts de financement historiquement faibles. Le yen est en effet tombé hier à 82,50 contre dollar, et à 107,30 contre euro, son plus faible niveau depuis sept mois. Le yen s’est ainsi affaibli de 3,3% sur le mois de novembre. Ce matin, le rendement des obligations d’Etat japonaises à 10 ans remontaient légèrement d’un point de base, à 0,72%, après être tombé hier à son plus faible niveau depuis le mois de juin 2003.
Pourtant, attention à la déception. Les sondages indiquent que si le PLD obtenait la majorité des sièges, Shinzo Abe pourrait se retrouver bloquer par la Chambre haute où sa coalition ne bénéficie pas de la majorité des 50%. «Nous pourrions retrouver une coalition qui réunit assez de sièges pour prendre la majorité, mais qui ne soit pas capable de gouverner» estime ainsi Steven Reed, professeur de sciences politiques à l’Université de Tokyo.
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