La Société Générale voit s’estomper une partie de sa prime spéculative

La banque, qui ouvrait hier son augmentation de capital, s’apprête à vivre une année 2008 de transition
Alexandre Garabedian

Pour le jour de lancement de son augmentation de capital réservée de 5,5 milliards d’euros, la Société Générale a signé la pire performance du CAC 40. Une chute de 2,28 % qui a ramené le titre à 65,08 euros dans de gros volumes, après détachement du droit préférentiel de souscription (DPS). Sur ce dernier, les échanges ont été nourris pour le premier jour de cotation, puisque 62 millions de DPS ont changé de main (pour une clôture à 4,10 euros, en baisse de près de 10 %), soit plus de 13 % des droits en circulation. Difficile toutefois d’en tirer des conclusions sur l’intérêt des investisseurs pour l’offre, une grosse partie de ces volumes étant liée à des opérations d’arbitrage.

La glissade de l’action Société Générale depuis quelques jours (-10,8 % en cinq séances) trouve en revanche des explications. « On voit s’envoler une partie de la prime spéculative qui avait soutenu le titre. Certains avaient envisagé une offre avant le début de l’augmentation de capital. Or, les candidats les plus sérieux ne semblent pas en lice », souligne un analyste sous couvert d’anonymat. Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas, s’est borné mercredi à juger « complexe » un rachat de la Société Générale, signalant par là-même sa réticence devant l’hypothèse d’une offre hostile. Et l’italien UniCredit ne cesse de répéter qu’il n’est pas intéressé par la banque de La Défense.

Les comptes annuels publiés hier par la Société Générale peuvent aussi inviter les investisseurs à la circonspection. Si la banque a confirmé sa prévision de résultat net à 947 millions d’euros (-82 %) en 2007, ainsi que les pertes de trading et les provisions précédemment annoncées, 2008 s’annonce comme une année de transition. La banque de financement et d’investissement (BFI) s’apprête à vivre un premier semestre en retrait, en raison du renforcement des contrôles et des limites aux prises de risques que l’affaire Jérôme Kerviel et les turbulences des marchés rendent nécessaire.

Et SGAM, la filiale de gestion, qui a dû assurer la liquidité de certains fonds monétaires pour un coût de 276 millions d’euros, s’attend à de nouvelles charges. « Le rachat d’actifs des fonds SGAM investis dans des sous-jacents de type crédit pourrait se prolonger au cours du premier semestre 2008 et, compte tenu de la situation des marchés de crédit, entraîner de nouvelles décotes de valorisation », admet la banque.

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