La Société Générale resserre les rangs face aux prédateurs potentiels
Malgré les 4,9 milliards de pertes essuyées fin janvier sur le marché des futures, la Société Générale est bien décidée à ne pas se faire racheter à vil prix. Ses conseils JPMorgan et Morgan Stanley, mandatés sur l’augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros que le groupe a annoncée, examinent aussi le meilleur moyen de défendre la banque en cas d’offre hostile. Rothschild et Merrill Lynch planchent aussi sur la question, comme l’ont indiqué Les Echos, mais n’auraient pas encore de mandat officiel.
L’Amicale des cadres de la banque, qui revendique 3.000 adhérents mais ne dispose pas de pouvoir sur les actions détenues par les salariés (10,93 % des droits de vote), épouse la même ligne. « Ils s’opposeront avec vigueur à toute tentative d’OPA hostile, française ou étrangère, indique Jean-Philippe Guillaume, le président de l’association. Mi-figues, mi-raisins, dimanche sur Europe 1, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui après avoir fait remarquer que la banque, après sa recapitalisation, pouvait «peut-être vivre toute seule», a lui estimé que s’il fallait une solution différente «un, il serait bien préférable qu’elle soit amicale, deux, qu’elle soit française».
Mais la meilleure alliée de la Société Générale pourrait bien être la crise bancaire. Celle-ci complique aujourd’hui singulièrement la valorisation de la banque de financement et d’investissement (BFI). Or SG CIB représente par exemple 20 % du prix du groupe par somme des parties, selon les analystes de Credit Suisse, qui évaluent le pôle à 12 milliards d’euros. De multiples incertitudes pèsent sur l’activité : extension de la crise de crédit, dégradation des assureurs monoline, remontée du risque entreprises…
La Société Générale, qui a passé 2 milliards de provisions liées au subprime, est encore exposée à hauteur de 6,6 milliards à ce risque, estime le bureau Keefe Bruyette & Woods, principalement à travers des CDO (collateralized debt obligations) assurés ou non. Par ailleurs, la banque française devrait désormais multiplier les contrôles et alléger ses prises de risques dans les dérivés actions, ce qui pèsera sur les revenus de l’activité, au moins en 2008. Enfin, dans ce contexte tourmenté, des bonus décevants – ils doivent être annoncés le 8 février – pourraient engendrer des départs d’hommes clés dans les activités de marchés. Autant d’éléments qui font réfléchir à deux fois un Crédit Agricole ou une BNP Paribas.
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