La Société Générale prépare son appel au marché sous le feu des critiques

A la Bourse, le titre a fini en baisse de 3,8 % hier, se rapprochant du prix d’environ 60 euros retenu par les analystes pour l’émission de capital
Annelot Huijgen

Nouvelle journée tourmentée pour la Société Générale hier. Les explications fournies par le groupe sur la fraude de leur ancien trader suscitent toujours de nombreuses questions. Si Jérôme Kerviel a décidé de se confier à la justice, la direction de la banque pourrait être rapidement priée de faire de même. Un des points qui devrait être éclairé, c’est l’affirmation du parquet de Paris que la banque avait été alertée en novembre dernier par Eurex, le marché de produits dérivés de Deutsche Boerse, sur une position risquée prise par le trader. Ce dernier avait été interrogé par ses supérieurs, mais un faux censé attester la couverture du risque avait suffi pour les convaincre. Quant à Eurex, il a défendu le bon fonctionnement de ses propres mécanismes de contrôle : « ces processus et les mécanismes de contrôle sur le marché ont fonctionné correctement à tous les niveaux et également dans ce cas précis », ajoute Eurex.

Daniel Bouton, président de la Société Générale, a affirmé de nouveau qu’il est prêt à démissionner, mais il a toutefois entamé lundi à Londres une tournée des investisseurs pour les convaincre du potentiel de redressement de sa banque et de participer à l’appel au marché nécessaire à la consolidation de ses fonds propres. A la Bourse de Paris, le titre a atteint un plus bas de 66,80 euros, s’approchant ainsi du prix d’environ 60 euros envisagé par les analystes pour l’augmentation du capital de 5,5 milliards d’euros. La forte pression serait notamment due aux fonds spéculatifs, qui souhaitent entrer au capital de la banque au prix le plus bas possible. Une situation qui n’est pas sans rappeler la chute du cours de Bourse de Fortis en 2007, après l’annonce de son augmentation de capital pour financer le rachat d’une partie d’ABN Amro.

La Société Générale, qui a conclu un accord avec les banques américaines JPMorgan et Morgan Stanley pour souscrire l’intégralité des titres qui ne trouveraient pas preneurs, a intérêt à agir vite pour enrayer la spirale. Elle pourrait arrêter les termes de l’augmentation de capital dès demain, lors de son conseil d’administration. Le groupe pourrait également décider d’avancer la publication de ses comptes 2007 détaillés, initialement prévue le 21 février, obéissant ainsi aux règles en vigueur pour le lancement des opérations de marché.

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