La Société Générale perd de son caractère spéculatif suite au désintérêt de BNP Paribas
Alors que BNP Paribas a « cessé d’étudier un éventuel rapprochement », le titre Société Générale a chuté de 7 %. Sa prime spéculative s’élevait à 15 %
Publié le
Virginie Deneuville
La spéculation retombe autour de la Société Générale, BNP Paribas ayant mis un terme aux différentes rumeurs en indiquant renoncer à un éventuel projet d’offre sur son homologue. «BNP Paribas précise qu’il a cessé d'étudier le dossier d’un éventuel rapprochement avec la Société Générale. Il considère que les conditions permettant de réaliser une opération créatrice de valeur pour ses actionnaires ne sont pas réunies», a déclaré le premier établissement bancaire français. Cette dernière avait indiqué fin janvier réfléchir à un tel projet.
Dans le sillage de cette annonce, le titre Société Générale a cédé 7,07 % à 62,44 euros mercredi, tandis que BNP Paribas gagnait inversement 4,65 % à 60,76 euros. «La Société Générale perd une partie de sa prime spéculative, que nous évaluions à 15 %, alors que BNP Paribas voit sa décote de prédateur, valorisée à 12 %, réduite», relève Alain Tchibozo, analyste chez ING.
BNP Paribas apparaissait comme le candidat le plus susceptible de se rapprocher de la Société Générale, suite au scandale de son énorme perte de trading. «Le gouvernement avait indiqué qu’il fallait une opération amicale et franco-française. Je ne vois pas d’autre candidat potentiel», estime un analyste.
Dès lors, la Société Générale semble devoir faire cavalier seul dans l’avenir. «Le marché devrait progressivement considérer Société Générale comme une entité indépendante suite aux commentaires de BNP Paribas et au renforcement de sa structure de direction (marqué notamment par la nomination du directeur financier Frédéric Oudea en tant que directeur général adjoint, lire notre édition du 18 mars, ndlr)», relève le bureau d’études Credit Suisse. Et de poursuivre : «Si cela devrait peser sur le titre à court terme, la probabilité d’une offre se réduisant, cela indique que la Société Générale revient sur un modèle basé sur ses fondamentaux par opposition à un modèle de gestion de crise.»
Un rapprochement entre BNP Paribas et la Société Générale se serait en outre heurté à différents obstacles, selon les professionnels. Si des synergies de coûts significatives auraient pu être dégagées, explique notamment l’intermédiaire financier Bear Stearns, il est fort probable que les syndicats et la classe politique se seraient en revanche opposés à des changements organisationnels agressifs. «Un tel rapprochement aurait été difficile à mettre en œuvre», renchérit un analyste.
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