La Société Générale perd de son caractère spéculatif suite au désintérêt de BNP Paribas
La spéculation retombe autour de la Société Générale, BNP Paribas ayant mis un terme aux différentes rumeurs en indiquant renoncer à un éventuel projet d’offre sur son homologue. «BNP Paribas précise qu’il a cessé d'étudier le dossier d’un éventuel rapprochement avec la Société Générale. Il considère que les conditions permettant de réaliser une opération créatrice de valeur pour ses actionnaires ne sont pas réunies», a déclaré le premier établissement bancaire français. Cette dernière avait indiqué fin janvier réfléchir à un tel projet.
Dans le sillage de cette annonce, le titre Société Générale a cédé 7,07 % à 62,44 euros mercredi, tandis que BNP Paribas gagnait inversement 4,65 % à 60,76 euros. «La Société Générale perd une partie de sa prime spéculative, que nous évaluions à 15 %, alors que BNP Paribas voit sa décote de prédateur, valorisée à 12 %, réduite», relève Alain Tchibozo, analyste chez ING.
BNP Paribas apparaissait comme le candidat le plus susceptible de se rapprocher de la Société Générale, suite au scandale de son énorme perte de trading. «Le gouvernement avait indiqué qu’il fallait une opération amicale et franco-française. Je ne vois pas d’autre candidat potentiel», estime un analyste.
Dès lors, la Société Générale semble devoir faire cavalier seul dans l’avenir. «Le marché devrait progressivement considérer Société Générale comme une entité indépendante suite aux commentaires de BNP Paribas et au renforcement de sa structure de direction (marqué notamment par la nomination du directeur financier Frédéric Oudea en tant que directeur général adjoint, lire notre édition du 18 mars, ndlr)», relève le bureau d’études Credit Suisse. Et de poursuivre : «Si cela devrait peser sur le titre à court terme, la probabilité d’une offre se réduisant, cela indique que la Société Générale revient sur un modèle basé sur ses fondamentaux par opposition à un modèle de gestion de crise.»
Un rapprochement entre BNP Paribas et la Société Générale se serait en outre heurté à différents obstacles, selon les professionnels. Si des synergies de coûts significatives auraient pu être dégagées, explique notamment l’intermédiaire financier Bear Stearns, il est fort probable que les syndicats et la classe politique se seraient en revanche opposés à des changements organisationnels agressifs. «Un tel rapprochement aurait été difficile à mettre en œuvre», renchérit un analyste.
Plus d'articles du même thème
-
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière. -
Les banques et les acteurs crypto lorgnent les clients européens de Binance
Faute d'agrément MiCA, Binance doit suspendre ses services en Europe. Kraken devrait reprendre la majorité de ses parts de marché. Mais d'autres acteurs, plateformes crypto et banques confondues, espèrent que les cartes seront rebattues. -
Renault place son ingénierie au cœur de la bataille face aux constructeurs automobiles chinois
Le groupe au losange réorganise son activité d'ingénierie en France. L'enjeu ? Gagner un temps précieux dans la conception de nouveaux modèles face à une concurrence asiatique toujours plus conquérante. -
La Bourse fêtera la cotation du Slip Français le 14 juillet
L’iconique marque française de sous-vêtements se valorise 14 millions d’euros, avant une augmentation de capital de 5 millions. Les deux fonds, qui accompagnent le groupe depuis dix ans, céderont leurs parts pour un maximum de 10,8 millions.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
ConquêteInnovation, prix bas, partenariats... Comment Pékin impose ses voitures sur tous les continents
Portés par un marché intérieur saturé et une industrie très compétitive, les constructeurs chinois accélèrent leurs exportations et multiplient les implantations à l’étranger. -
CoopétitionDerrière le relooking de la CPME, une guerre d'influence
Rebaptisée Les Entrepreneurs, l'organisation patronale joue son va-tout pour peser sur 2027 en rivalisant avec le Medef -
PlaidoiriesL'affaire Lyhanna vue par les magistrats : beaucoup de corporatisme, peu de mea culpa
Les deux plus hauts magistrats de France ont mis en garde, jeudi, contre « la mécanique du bouc-émissaire »