La Société Générale jette à son tour l'éponge dans la banque privée en Asie
C’est un paradoxe: l’Asie est régulièrement citée par les consultants comme le premier marché de croissance de la gestion privée dans le monde, mais décourage un certain nombre d’acteurs occidentaux. Après ING ou Bank of America, SG Private Banking a jeté à son tour l’éponge dans la région. Attendu depuis plusieurs mois, le transfert des activités de banque privée du groupe français en Asie, exercées depuis les bases de Hong Kong et Singapour, s’est concrétisé hier par un accord avec DBS, première banque de la cité-Etat.
Le prix payé, 220 millions de dollars (158 millions d’euros), sujet aux traditionnels ajustements en fonction des encours et de l’actif net, est inférieur aux premières évaluations qui avaient circulé. Il représente 1,75% des 12,6 milliards de dollars d’encours gérés par la filiale de la Société Générale. Pour DBS, «c’est un multiple qui paraît attractif comparé à d’autres transactions dans le secteur banque privée, où il oscille entre 2% et 6% des actifs gérés», estimaient hier les analystes actions de Nomura.
Pour la banque française, l’intérêt est sans doute ailleurs. La transaction libère 200 millions de dollars de capital et aura un effet positif sur le ratio de solvabilité common equity tier one (CET1) au quatrième trimestre, qui devrait voir la transaction se conclure. Celle-ci se double d’un accord commercial classique qui donnera à SG Private Banking en Europe un accès aux clients de DBS.
Malgré sa spécialisation dans les dérivés actions et les produits structurés, la filiale de la Société Générale n’avait pas la taille critique pour rivaliser dans une région où les groupes locaux et les leaders mondiaux ont des arguments à faire valoir auprès des dirigeants d’entreprise asiatiques. A titre de comparaison, DBS affichait avant cette transaction des encours de gestion de fortune quatre fois plus élevés que ceux de SG Private Banking à Hong Kong et Singapour, et en hausse de 21% par an sur les trois dernières années, rappelle Nomura. A l’échelle du secteur, ces taux de croissance enviables ne se retrouvent pas toujours dans la rentabilité de l’activité. Le degré élevé de concurrence et la course aux talents dans la région gonflent les structures de coûts.
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