La Société Générale devrait offrir une forte décote pour ses titres
Une mesure d’urgence que les actionnaires actuels de la Société Générale pourraient payer cher. Le prix de l’augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros prévue par la banque, pour couvrir à la fois la perte de trading de 4,9 milliards d’euros et les dépréciations de 2,05 milliards d’euros, devrait présenter une forte décote par rapport au cours de Bourse. La banque est dos au mur et doit à tout prix réussir son opération, permettant de porter le ratio tier one à 8 % après l’intégration de la banque russe Rosbank, estiment les analystes. Ces derniers avancent que JPMorgan et Morgan Stanley n’auraient jamais accepté de conclure un accord de prise ferme sur les volumes si le prix n’offre pas une forte décote dans les conditions de marché actuelles. « Les deux banques garantes de l’opération n’ont sans doute pas envie de se retrouver avec des paquets d’actions SocGen », soulignent les analystes d’Oddo Securities.
Un responsable des activités primaires actions à Paris rappelle que « sur ce type d’opération avec droit préférentiel de souscription, il faut toujours une décote importante par rapport au cours de Bourse et au prix d’équilibre résultant de l’annonce. Cette décote peut atteindre 25 % à 30 %, ce qui rend tout à fait plausible une offre à 50 euros ». D’autres analystes veulent encore croire à un prix à 65 euros, mais tous soulignent le caractère très fortement dilutif de cette augmentation de capital (entre 12 % et 20 % sur le bénéfice par action 2008 et 2009). A 50 euros, la dilution serait d’environ 21 %.
L’opération devrait intervenir le 21 février au plus tard, jour de la publication des résultats annuels de la Société Générale, jugent encore les analystes. Selon la même source bancaire, le groupe aura besoin « d’une à deux semaines pour préparer les prospectus de l’AMF, mais cela peut aussi aller beaucoup plus vite».
Atteignant encore près de 160 euros en mai 2007, la moyenne des objectifs de cours (à douze mois) de la Société Générale est aujourd’hui tombée à près de 80 euros. Si la fourchette d’estimations d’analystes était jusqu’alors de 90 euros à 130 euros, l’annonce de jeudi a provoqué un resserrement vendredi, les prix variant désormais de 70 euros à 100 euros. « A plus long terme, on ne peut toutefois pas complètement ignorer la possibilité d’une recrudescence de la thématique spéculative (fragilité du management, faiblesse de la valorisation,…) », remarque Natixis.
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