La Société Générale a connu 77 jours de pertes sur les marchés en 2007
Pour la Société Générale, l’année 2007 s’est avérée difficile en termes de résultats de trading. Et pas seulement à cause des transactions non autorisées de son salarié Jérôme Kerviel, qui ont coûté à la banque 4,9 milliards d’euros. La volatilité des marchés a régulièrement fait plonger les résultats quotidiens de l’activité dans le rouge, comme le fait apparaître le document de référence déposé par le groupe auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
En 2007, les activités de marché de la Société Générale ont ainsi connu, selon nos calculs, 77 jours de pertes, tous supports d’investissement confondus. Une nette augmentation par rapport à 2006, où le résultat quotidien n’était tombé que 37 fois dans le rouge, et encore plus par rapport à 2005 (seulement 24 jours de perte). Les effets de la crise financière qui a éclaté cet été sont visibles. Le pôle marchés n’avait enregistré que 17 jours de pertes au premier semestre, mais n’a pu dégager qu’à cinq reprises un résultat positif entre fin juillet et début septembre. Le nombre de jours perdants a aussi dépassé celui des jours gagnants en novembre, un mois où les Bourses ont connu une sévère rechute.
L’amplitude des résultats reflète également la volatilité des marchés. Par sept fois, la perte quotidienne de la Société Générale a dépassé les 40 millions d’euros (avec même deux pics à plus de 70 millions), alors que ce seuil n’avait jamais été atteint en 2006. Inversement, les activités de marché ont engrangé à quatre reprises plus de 70 millions d’euros de bénéfices, contre une seule incursion au-delà des 40 millions d’euros l’année précédente.
«Le résultat (négatif, NDLR) quotidien a excédé à quatre reprises le montant de la VaR», la valeur en risque, qui mesure le risque de perte quotidienne maximale encourue par l’activité en éliminant 1% des scénarios les plus excessifs. Ce modèle statistique a d’ailleurs été pris en défaut, puisque l’intervalle de confiance retenu (99%) correspond à deux ou trois dépassements par an, et non quatre. La Société Générale avait pourtant revu sa méthode de calcul de la VaR, portant la limite autorisée pour ses activités de marchés à 70 millions d’euros, contre 60 millions en 2006.
Reste à savoir si les autres banques françaises, qui n’ont pas encore publié leur document de référence, ont été affectées dans les mêmes proportions.
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