La situation du marché immobilier résidentiel s’aggrave en Espagne
La bulle immobilière espagnole n’a pas fini d’éclater. Les prix des logements ont accusé fin 2011 une baisse de 4,2% d’un trimestre à l’autre, selon l’Institut national des statistiques, le rythme le plus élevé depuis le début de la publication de l’indice en 2007. A 11,2%, le recul sur un an (8,5% dans le neuf et 13,7% dans l’ancien) marque aussi un record. La baisse sur un an glissant n’atteignait encore que 7,4% à fin septembre.
La dégringolade est partie pour durer. Le taux de chômage de 23% n’incite pas aux projets immobiliers. «L’absence de demande va de pair avec un excédent d’offre: le stock de logements invendus reste à un niveau élevé, à 550.000, même s’il a reculé par rapport aux 700.000 atteints en 2010», souligne Ricardo Santos, économiste chez BNP Paribas. Enfin, les banques réduisent à un rythme annuel supérieur à 2% la production de crédit aux ménages, et n’ont guère envie d’encombrer des bilans lestés de créances immobilières douteuses.
La réforme du secteur financier accentuera la tendance en 2012. Le secteur doit passer un total de 52 milliards d’euros de provisions sur l’immobilier (résidentiel et commercial). «La réforme va conduire à une hausse des ventes d’actifs immobiliers» de la part des banques, «et déprimer un peu plus les prix», prédit Ricardo Santos. Les banques espagnoles auraient saisi depuis 2007 près de 330.000 logements suite à des impayés, selon les associations de consommateurs. Elles ont aussi hérité de terrains et de lotissements neufs chez des promoteurs en faillite. En écho à ces prévisions, la caisse d’épargne Bankia a annoncé hier le regroupement de ses actifs immobiliers dans une structure dédiée et la mise en vente de 500 logements neufs avec des décotes allant jusqu’à 60%.
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