La SEC épingle JPMorgan et Credit Suisse sur le dossier des RMBS
JPMorgan et Crédit Suisse ont transigé avec le régulateur des marchés américain et accepté de payer plus de 400 millions de dollars pour refermer un dossier de mauvaise commercialisation de titrisations adossées à des crédits hypothécaires résidentiels (RMBS).
«Les présentations trompeuses lors de la création et la vente des titres hypothécaires ont grandement contribué aux pertes terribles qu’ont encourues les investisseurs quand le marché de l’immobilier américain s’est effondré», a souligné un des responsables de la Securities and Exchange Commission (SEC).
C’est JPMorgan qui a dû payer le gros de la facture, en faisant un chèque de 296,9 millions de dollars, que la SEC compte redistribuer aux investisseurs lésés. La SEC assure que la banque a divulgué de fausses informations sur les prêts hypothécaires auxquels était adossé un RMBS de 1,8 milliard de dollars qu’elle proposait à la souscription en 2006.
Selon la SEC, le prospectus de l’opération assurait que seuls quatre prêts, soit 0,04% des prêts qui servaient de collatéral connaissaient des arriérés de 30 à 59 jours. En réalité, ce sont 620 créances, soit 7% du total qui étaient dans cette situation. Les quatre prêts mentionnés dans le prospectus avaient quant à eux des retards de 60 à 89 jours. Dans ce volet de l’affaire, la SEC assure que JPMorgan a gagné 2,7 millions de dollars tandis que les investisseurs ont perdu au moins 37 millions de dollars.
Par ailleurs, la SEC reproche à Bear Stearns d’avoir trompé ses investisseurs sur la façon dont elle gérait les défauts des prêts sous-jacents à quelque 156 RMBS émis entre 2005 et 2007. Bearn Stearns, avant et après son rachat par JPMorgan, n’aurait pas reversé aux investisseurs l’argent qui leur était dû alors que la banque avait collecté quelque 137,8 millions de dollars.
Selon le régulateur américain, Credit Suisse aurait trompé les investisseurs de quelque 75 RMBS de la même manière. Cette mauvaise pratique se serait poursuivie jusqu’en 2010.
La SEC reproche aussi à la banque d’avoir menti à ses investisseurs sur les clauses de rachat ou de remplacement de prêts sous-jacents à deux titrisations. La banque aurait gagné 55,7 millions de dollars dans cette affaire, tandis que les investisseurs auraient perdu 10 millions de dollars. La banque a accepté de payer 120 millions de dollars pour refermer le dossier.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français