La SEC alimente le débat sur le rôle des ETP lors des flash crashes
Pour l’instant, la Securities and Exchange Commission (SEC) se garde de donner toute piste de nouvelle régulation. Mais le rapport publié mardi soir par l’autorité américaine alimente le débat sur la responsabilité des ETP dans les pics de volatilité vécus ces dernières années. Les 88 pages du document reviennent, chiffres et graphiques à l’appui, sur la matinée du 24 août 2015 au cours de laquelle les actions de nombreux grands groupes se sont effondrées de plus de 20% pour certaines et de nombreux ETP n’ont pu coter correctement. 315 ETP ont connu plus de 1.000 suspensions de cotation en à peine quelques heures. 20 des 50 plus gros ETP de la Place ont perdu plus de 10%.
Plusieurs grands investisseurs se sont récemment inquiétés de l’influence grandissante des ETP sur la volatilité des marchés, notamment en période de stress et de contraction soudaine de la liquidité. D’autres intervenants soulignent que les événements du 24 août illustrent la relative inefficacité des coupe-circuits (limite up, limit down) mis en place après le flash crash de mai 2010.
Mais pour les promoteurs des ETP, le problème vient du mauvais fonctionnement des infrastructures de marchés et de leur régulation. En octobre dernier, BlackRock, numéro un mondial des ETP, avait notamment pointé du doigt la règle 48 du Nyse qui permet à la Bourse, en cas de forts déséquilibres en période de pré-ouverture du marché, de limiter la transmission d’informations aux intervenants. Selon le gérant, cette mesure a provoqué d’importants retards de cotation après l’ouverture officielle, ce qui a empêché par ricochet certains ETP de coter normalement. Dans un communiqué publié hier, l’Investment company institute (ICI), qui représente l’industrie des ETP, a réaffirmé que ces événements «étaient largement la conséquence des structures de marché et de sujets de trading, et pas liés aux caractéristiques des ETP».
Le rapport de la SEC pourrait servir de base pour appuyer une éventuelle réforme du marché. Luis Aguilar, l’un des membres de la commission de la SEC, avait reconnu début octobre que l’expérience du 24 août indiquait qu’il était «peut-être temps de réexaminer entièrement l’écosystème des ETF». Selon Bloomberg, il devrait dans un premier temps être transmis à un groupe de travail de la SEC composé notamment de représentants de Bats, de Barclays ou de Citadel.
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