La scission des monolines menace les banques
« Retirer les solides flux de liquidités des monolines leur laisserait [aux banques : ndlr] une coquille plutôt vide et potentiellement beaucoup moins de capacité à respecter leurs obligations, note Dresdner Kleinwort, (...) les activités saines nécessiteraient aussi d’avoir du capital, ce qui affaiblirait davantage l’activité résiduelle ». Quant aux analystes de Royal Bank of Scotland, ils estiment dans une note que « la menace d’un démantèlement de MBIA et Ambac est une information négative sérieuse pour les obligations et les credit default swaps (CDS) assurés par ces sociétés ».
Le spectre d’une amplification des pertes pour les banques a ainsi pesé sur le marché du crédit vendredi. Les indices iTraxx Series 8 à 5 ans couvrant les valeurs financières et subordonnées ont crû de plus de 10 pb à 103 et 158, des records depuis leurs émissions. Après avoir publié jeudi une perte de 12,4 milliards de franc suisse, UBS avait dévoilé une exposition nette totale aux assureurs monoline de 3,6 milliards de dollars. Cela s’est traduit par une hausse de 4 points de base des CDS d’UBS à 95 vendredi.
Mais un risque systémique entraînant avec lui le marché des obligations municipales américaines n’est pas à prendre à la légère. Le rehaussement de notations des obligations émises par les autorités locales aux Etats-Unis a été le premier domaine d’expertise de ces acteurs avant qu’ils ne décident de se lancer dans les années 80 dans l’assurance des titrisations plus rentable. Surtout, la moitié des émissions d’obligations municipales aux Etats-Unis l’année dernière été garantie par les rehausseurs de crédit tels que FSA, MBIA ou FGC. D’ailleurs, FGIC qui vient de perdre son AAA, garantit 314 milliards de dollars dettes, dont 220 milliards portent sur dettes municipales. « En 2007, il y a eu environ 429 milliards de dollars d’offre en dettes municipales et plus de 201 milliards de dollars de ce montant a été assuré», précise Bank of America.
La menace de dégradation des rehausseurs a déjà gelé la semaine dernière le marché des municipal bonds, certains investisseurs ne pouvant prendre le risque de voir ces titres dégradés dans la mesure où leurs contraintes de placement leur interdisent de détenir des obligations notées en-dessous de AA. Les adjudications ont chuté de 38 % à 4 milliards de dollars. De grandes banques comme UBS et Goldman Sachs se sont retirées du marché secondaire ces derniers jours, ne souhaitant pas suppléer au manque d’acheteurs. De quoi pousser les autorités américaines, en cette année électorale, à mettre la pression pour une solution rapide, quitte à ce que les banques en payent le prix.
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