La sanction subie par le titre Thomson peut sembler lourde
Un titre qui cède 35% en 5 jours, des CDS (credit default swaps) qui s’écartent de près de 200 points de base (pb) et une volatilité de l’action (à 3 mois) qui passe de 60 % à plus de 80 %... Thomson a été particulièrement chahuté sur les marchés depuis l’annonce, la semaine dernière, de prévisions 2008 pour le moins décevantes.
«Le vrai sujet selon nous est celui de la pérennité des niveaux de rentabilité», écrivait CM-CIC après la publication. De quoi justifier les inquiétudes du marché. D’autant que les agences de notation n’ont pas tardé à réagir brandissant le spectre d’une dégradation en catégorie spéculative. Les notes à long terme sont Baa3 chez Moody’s et BBB- chez S&P. «Au titre de l’exercice fiscal 2007, Thomson n’a pas rempli les critères financiers de Moody’s pour une note Baa3», a ainsi constaté la première, tandis que la seconde a mis en avant le ratio de dette sur Ebitda supérieur à 3 et la couverture de la dette par le cash-flow à hauteur de 20% seulement.
Dans une période où les tensions sur les crédits persistent et où l’indice Xover culmine au-delà de 570 pb, on peut donc aisément comprendre que l’éventualité d’une dégradation ait fait glisser les CDS (à 5 ans) jusqu’à 416 pb ces derniers jours contre 235 pb avant l’annonce.
Côté actions, les ajustements à la baisse ont aussi leurs raisons. Car la faible croissance entrevue pèsera sur la rentabilité. Fortis a déjà dit attendre «un léger déclin de la marge opérationnelle à 6% contre 6,2% en 2007». Quant à CM-CIC, il a procédé à «une révision en baisse de 6,5% à 5,5% de la marge d’Ebit de (son modèle de valorisation)». Les conséquences ont été lourdes, avec des ajustements à la baisse des objectifs de cours de 30% à 50% dans certains cas.
Un groupe qui peut a priori maintenir une marge proche de 6% méritait-il pour autant de tels dégagements (des dégagements spécifiques de surcroît puisque l’indice Stoxx de référence est resté stable sur les cinq derniers jours) ? A en croire le consensus, les analystes qui ont abaissé leur opinion la semaine passée affichent encore un objectif moyen de 7 euros par action. Or, le titre ne valait hier soir que 5,39 euros. On peut donc affirmer qu’il subit désormais une décote de 23%. Certainement le prix de la crise de confiance. Car comme l’a avancé CM-CIC, Thomson a semé «le doute sur sa capacité structurelle de génération de cash».
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