La Russie s’illustre sur le marché obligataire avec une émission de 7 milliards de dollars
Moscou est en passe de signer la plus importante émission obligataire souveraine sur les marchés émergents en plus d’une décennie. Selon plusieurs sources citées par les agences de presse, la Russie s’apprête à lever 7 milliards de dollars d’eurobonds en trois tranches. Porté par deux facteurs conjoncturels : la solidité des prix du pétrole et la nouvelle accession à la présidence de Vladimir Poutine en mars dernier, le pays a aisément réussi à susciter l’intérêt des investisseurs.
D’après Reuters, les ordres atteignent 17 milliards de dollars, permettant au ministère des Finances de resserrer les fourchettes de rendement. Un contraste que ne manquent pas de souligner les observateurs par rapport à la situation d’avril 2010, où 5,5 milliards de dollars avaient été placés avec peine.
Le pricing de l’opération, pilotée par VTB, Sberbank, Citi, Deutsche Bank et BNP Paribas, est attendu aujourd’hui. Sur les 3 milliards de dollars de papier à 30 ans, le rendement ressort à 250-255 points de base (pb) au-dessus des Treasuries, soit un resserrement d’environ 10-15 pb par rapport aux indications précédentes. L’Etat russe prévoit également de placer 2 milliards de dollars de titres à 10 ans, avec un rendement supérieur de 240-245 pb au-dessus des emprunts d’Etat américains, et 2 milliards de dollars d’obligations à 5 ans à 230-235 points au-dessus des Treasuries. Pour ces deux dernières tranches, le resserrement de la fourchette se situe autour de 5 pb.
«Ces orientations fournissent une décote suffisamment importante au marché - en moyenne autour de 20 pb», souligne Denis Poryvai, analyste chez Raiffeisenbank. «Désormais, la courbe des taux russes se traite dans une fourchette de 250-280 pb au-dessus de la courbe des Treasuries», ajoute-t-il. De son côté, Gazprombank note que la forte demande anticipée pour la tranche à 30 ans reflète un déficit d'émissions à long terme dans l’univers des marchés émergents.
Avec cette opération, la Russie devrait boucler son programme obligataire international pour 2012. Elle prévoit de maintenir ce rythme chaque année jusqu’en 2014 et de limiter le stock de dette publique à 16% du PIB dans deux ans. Le FMI l’estime à 11,2% cette année dans son dernier «Fiscal Monitor».
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