La rumeur de la cession de KBL European Private Bankers reprend de la vigueur
La vente de KBL European Private Bankers, un temps enterrée, agite à nouveau la place financière. Selon le quotidien économique allemand Handelsblatt, sa maison mère KBC aurait présenté la banque privée munichoise Merck Finck, l’une des dix entités composant KBL, à plusieurs repreneurs potentiels.
Contacté par L’Agefi, l’établissement belge n’a pas souhaité commenter ce qu’il qualifie de «rumeur». Une telle initiative, si elle était avérée, signifierait que KBC se serait résolu à vendre KBL à la découpe –un scénario non envisagé jusqu’ici. En effet, le groupe était parvenu à un accord avec l’indien Hinduja pour 1,35 milliard d’euros en mai 2010, mais la transaction a été bloquée en mars dernier par la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), autorité luxembourgeoise de contrôle de la cible (L’Agefi Quotidien du 16 mars).
Les dirigeants de KBC ont relancé le processus de vente dans la foulée du rejet des autorités de tutelle. Car la cession de ses activités de banque privée en dehors de Belgique fait partie des engagements pris en contrepartie des sept milliards d’euros d’aide reçus de l’Etat belge en octobre 2008 et mai 2009, pour le sortir de ses difficultés liées à la crise. Mais il est peu probable que l’établissement parvienne à trouver des repreneurs aux mêmes conditions. En effet, Hinduja avait payé le prix fort pour remporter l’appel d’offre face à Exor (le holding de la famille Agnelli), le brésilien Banco Safra et le fonds d’investissement américain KKR. Son offre valorisait KBL à 9,7 fois ses résultats et 2,9% du montant de ses actifs sous gestion.
Il n’en demeure pas moins que KBC doit avancer dans son plan de restructuration, dont l’exécution est surveillée de près par les autorités communautaires. Outre la banque privée, l’établissement d’outre-Quiévrain est censé introduire en Bourse sa filiale tchèque CSOB. Mais l’opération prend du retard. C’est pourquoi, en réaction à des articles dans la presse belge mercredi dernier évoquant une possible augmentation de capital de deux milliards d’euros en 2012 et la cession de deux filiales polonaises, KBC a reconnu examiner «quelle pourrait être la valeur ajoutée de certains changements dans son plan stratégique».
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