La Riksbank vient au secours d’une économie suédoise menacée de contagion

Révisant sa prévision de croissance et d’inflation à respectivement 1,3 % et 1,5 % en 2012, la banque centrale a baissé ses taux hier de 25 pb à 1,75 %
Patrick Aussannaire

La banque centrale suédoise donne un coup de pouce à son économie. Anticipant un ralentissement de l’économie plus fort que prévu l’année prochaine, la Riksbank a procédé hier à la première baisse de son taux directeur depuis 2009, de 25 pb pour le ramener à 1,75%. Elle a précisé que les taux resteraient bas en 2012, alors que deux membres du comité ont même opté pour une baisse de 50 pb.

D’ailleurs, 13 des 14 économistes interrogés par Reuters s’attendent à une nouvelle baisse de même ampleur à la prochaine réunion de février, suivie d’une autre en avril. Un consensus qui masque de fortes disparités, Nordea tablant sur un taux à 0,75% en septembre 2012 et la Société Générale ne prévoyant qu’un seul nouveau geste de 25 pb en février avant un statu quo prolongé d’au moins un an.

La croissance devrait atteindre 4,6% en 2011, mais la Riksbank anticipe un coup d’arrêt à 1,3% en 2012, soit 0,3 point de moins que ses précédentes estimations. Dans le même temps, la prévision d’inflation a été baissée de 0,5 point à 1,5% en 2012. «La faiblesse de la croissance économique en zone euro a également un effet négatif sur l’économie suédoise, actuellement en phase de ralentissement». La couronne suédoise s’est renforcée de 3,4% en un mois, mettant une pression supplémentaire sur les exportations vers la zone euro qui représentent 70% de leur volume total. «Il y a eu une chute des commandes à l’exportation des sociétés suédoises, et les exportations seront encore plus faibles l’année prochaine», indique la Riksbank. Or, le commerce extérieur pèse la moitié du PIB du pays.

Le «think tank» suédois, la National Financial Management Authority (ESV), a même estimé vendredi que la croissance du pays stagnera à 0,1% en 2012. Une chute qui pèsera sur les comptes publics, l’ESV prévoyant un déficit de 0,3% du PIB, contre un surplus de 0,6% précédemment anticipé. La Suède bénéficie néanmoins de marges de manœuvre budgétaires et monétaires suffisantes pour relancer son économie.

La Suède n’est pas la seule touchée en Scandinavie. Copenhague a ramené hier ses prévisions de croissance de 1,1% à 1% en 2011 et de 1,3% à 1% en 2012, et Helsinki de 3,5% à 2,6% en 2011 et de 1,8% à 0,4% en 2012. La banque centrale de Norvège avait surpris les marchés mercredi dernier avec une baisse de ses taux de 50 pb à 1,75%, suivie par le Danemark avec une deuxième baisse en un mois.

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