La réticence des investisseurs se confirme vis-à-vis des IPO chinoises
La surabondance de l’offre finit par nuire. C’est l’une des raisons avancées par un fonds de la Société Générale pour suspendre sa participation aux introductions en Bourse (IPO) en Chine. Spécialisé dans le capital-risque, Fortune SGAM Fund Management estime que le grand nombre de sociétés chinoises récemment cotées ne lui permettait pas d’examiner en détail les dossiers des émetteurs, préalable indispensable à l’établissement d’un juste prix.
«Afin d’améliorer l’efficacité de nos investissements et de notre recherche, nous avons décidé de suspendre avec effet immédiat notre participation à la constitution des livres d’ordres des IPO et nous n’assisterons pas aux présentations dédiées aux investisseurs», indique le fonds basé à Shanghai. Il surveillera étroitement les conditions de marché, afin de pouvoir souscrire de nouveau à ce type d’opérations.
Avec 40 milliards de dollars levés en 2011 à travers des IPO, la Chine se situe au deuxième rang derrière les Etats-Unis, selon les chiffres compilés par Bloomberg. La place de Shenzhen a même remporté la palme mondiale en nombre d’opérations, avec 234 entrées en Bourse sur un total de 262 pour l’ensemble du pays. Mais la performance boursière de ces sociétés nouvellement cotées a pâti de la désaffection des investisseurs envers les marchés émergents, qui n’a pas épargné les indices chinois, au plus bas depuis mars 2009. Les cours des sociétés mises en Bourse l’an dernier ont chuté en moyenne de 10% par rapport à leur niveau d’introduction. Le groupe automobile Pang Da Automobile Trade, coté en avril dernier, a même perdu en neuf mois 86% de sa valeur !
«Dominés par les petits porteurs, les marchés boursiers de Chine continentale souffrent d’une confrontation trop faible entre les émetteurs et les investisseurs institutionnels, en particulier internationaux», indique Philippe Espinasse, consultant à Hong Kong et ancien banquier. Il en résulte une déficience du mécanisme de fixation des prix qui sont jugés trop élevés par rapport aux fondamentaux des émetteurs. Selon eastmoney.com, les introductions à Shanghai ont été fixées l’an dernier à près de 40 fois les bénéfices des entreprises concernées, contre un PER moyen de 13,3 fois pour l’ensemble des titres cotés sur cette place.
Plus d'articles du même thème
-
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Le nouveau péage au détroit d'Ormuz annoncé par Donald Trump le 13 juillet pourrait cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
JPMorgan publie un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre
Le titre affichait une hausse de 2,5% en début de séance mercredi. -
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Formez vos bataillonsDifficultés russes, défilé du 14 juillet, Trump moins fermé : le regain d’optimisme européen
Emmanuel Macron a réuni les alliés de la Coalition des volontaires à Paris, avant une nouvelle démonstration d’unité et de forces sur les Champs-Élysées, pour la fête nationale -
DésunionLa gauche italienne se déchire sur la Russie et le réarmement
Derrière la politique étrangère se profile la bataille pour le leadership d’une coalition déjà très divisée -
Remaniement en Ukraine : Ioulia Svyrydenko, la Première ministre, démissionne
Approuvée par le Parlement, la démission de Ioulia Svyrydenko a été confirmée en bonne et due forme. Pour l’heure aucun successeur n’a été désigné. Volodymyr Zelensky veut, lui, « une nouvelle stratégie politique »