La réticence des investisseurs se confirme vis-à-vis des IPO chinoises

Un fonds de capital-risque de la Société Générale suspend sa participation à des mises en Bourse jugées trop nombreuses et pas assez transparentes
Yves-Marc Le Reour
Les Actifs du Patrimoine 2017 - 8

La surabondance de l’offre finit par nuire. C’est l’une des raisons avancées par un fonds de la Société Générale pour suspendre sa participation aux introductions en Bourse (IPO) en Chine. Spécialisé dans le capital-risque, Fortune SGAM Fund Management estime que le grand nombre de sociétés chinoises récemment cotées ne lui permettait pas d’examiner en détail les dossiers des émetteurs, préalable indispensable à l’établissement d’un juste prix.

«Afin d’améliorer l’efficacité de nos investissements et de notre recherche, nous avons décidé de suspendre avec effet immédiat notre participation à la constitution des livres d’ordres des IPO et nous n’assisterons pas aux présentations dédiées aux investisseurs», indique le fonds basé à Shanghai. Il surveillera étroitement les conditions de marché, afin de pouvoir souscrire de nouveau à ce type d’opérations.

Avec 40 milliards de dollars levés en 2011 à travers des IPO, la Chine se situe au deuxième rang derrière les Etats-Unis, selon les chiffres compilés par Bloomberg. La place de Shenzhen a même remporté la palme mondiale en nombre d’opérations, avec 234 entrées en Bourse sur un total de 262 pour l’ensemble du pays. Mais la performance boursière de ces sociétés nouvellement cotées a pâti de la désaffection des investisseurs envers les marchés émergents, qui n’a pas épargné les indices chinois, au plus bas depuis mars 2009. Les cours des sociétés mises en Bourse l’an dernier ont chuté en moyenne de 10% par rapport à leur niveau d’introduction. Le groupe automobile Pang Da Automobile Trade, coté en avril dernier, a même perdu en neuf mois 86% de sa valeur !

«Dominés par les petits porteurs, les marchés boursiers de Chine continentale souffrent d’une confrontation trop faible entre les émetteurs et les investisseurs institutionnels, en particulier internationaux», indique Philippe Espinasse, consultant à Hong Kong et ancien banquier. Il en résulte une déficience du mécanisme de fixation des prix qui sont jugés trop élevés par rapport aux fondamentaux des émetteurs. Selon eastmoney.com, les introductions à Shanghai ont été fixées l’an dernier à près de 40 fois les bénéfices des entreprises concernées, contre un PER moyen de 13,3 fois pour l’ensemble des titres cotés sur cette place.

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