La restructuration de la dette grecque promet de nouveaux accès de fièvre aux marchés
Athènes devrait encore tenir les marchés en haleine dans les prochaines semaines. Après l’épisode du vrai-faux référendum qui avait dynamité les conclusions du Sommet européen du 26 octobre et conduit le Premier ministre Georges Papandréou à la démission, l’incertitude vient aujourd’hui des discussions du pays avec ses créanciers privés. Elles achoppent, au risque de voir rejouer le même psychodrame.
Le FMI espère désormais voir aboutir au premier trimestre les négociations sur la restructuration de la dette grecque. Le PSI (private sector involvement) prévoit une réduction de 50% de la valeur nominale des 206 milliards d’euros d’emprunts d’Etat grecs aux mains des créanciers privés. Mais la perte en valeur actuelle nette sera supérieure, selon la part de cash et les caractéristiques des nouveaux titres reçus en échange des obligations existantes (L’Agefi Quotidien du 6 décembre 2011). Le FMI fait pression pour que les futurs emprunts grecs portent un coupon inférieur à 5%.
La lenteur des discussions vient aussi du fait que les intérêts des créanciers divergent. «Des hedge funds se sont positionnés sur les titres grecs de maturité courte», explique un banquier français. L’un d’eux, l’espagnol Vega AM, aurait claqué mi-décembre la porte du comité des créanciers, refusant que la perte en valeur actuelle nette dépasse les 50%.
Sur d’autres points, en revanche, des progrès ont été accomplis, rapporte Bloomberg. Les nouveaux titres grecs seront ainsi soumis au droit anglais, comporteront des clauses d’action collective, et jouiraient du même rang que les prêts du FMI et de l’Union européenne.
Pour éviter d’ajouter au processus une incertitude politique, le gouvernement grec de transition a repoussé à fin avril la tenue des élections législatives. Mais la vraie échéance est fixée au 20 mars, date d’une grosse tombée de dette (16 milliards d’euros). «Nous ne sommes pas certains que le PSI aura été signé et mis en place d’ici là. La Troïka devra alors décider encore début 2012 si elle veut aider le gouvernement à faire face à ses paiements extérieurs», s’inquiètent les stratégistes de SG CIB.
Quant au FMI, il a rappelé dans son dernier rapport sur la Grèce que seule la participation de tous les créanciers privés permettrait de ramener la dette du pays à 120% du PIB en 2020, le maximum supportable selon le Fonds. L’édifice reste donc fragile.
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