La Réserve fédérale ne va pas relever ses taux d’intérêt avant 2014
Ben Bernanke est apparu sur la défensive au moment de défendre les conclusions de la réunion de politique monétaire de la Fed. La Réserve Fédérale a conclu hier soir que l'économie américaine était actuellement soumise à une croissance moyenne, que le marché du travail s'était amélioré et que le taux de chômage, malgré une diminution récente, restait à un niveau trop élevé. «Notre intention est de maintenir des politiques accommodantes dans un futur proche» a déclaré le président de la Fed. Accusé de ne pas en avoir assez fait, au vu du taux de chômage, Ben Bernanke a poursuivi sur le même thème: «la Fed a fait ce qu’il fallait. Nous avons agit de manière audacieuse et aggressive, et nous continuerons dans cet ordre d’idée s’il le faut».
A l’issue d’un vote à neuf membres contre un, la Fed a décidé de garder inchangés les taux d’intérêt fédéraux, compris entre 0 et 0,25%. Ces taux «exceptionnellement bas» sont maintenus depuis décembre 2008 et cela ne devrait pas changer avant 2014. Ben Bernanke a par ailleurs précisé que cette utilisation du terme «exceptionnellement bas» était ambiguë. Selon lui, ce sont des valeurs proches des taux actuels, comprises entre 0 et 0,25%. Enfin, pas question de relever le niveau cible de l’inflation, qui restera autour des 2%.
Malgré les prévisions contradictoires des dirigeants régionaux de la Fed, il n’y a donc presque pas de changement dans l’attitude de la Réserve fédérale. Elle a tout de même déclaré qu’elle était prête à prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder l'économie mondiale en cas de besoin.
Concernant les prévisions de croissance, le comité de politique monétaire (FOMC) a relevé la prévision de croissance du PIB pour l’année 2012, passant de 2,2%-2,7% fin janvier à 2,4%-2,9%. En revanche, la banque centrale a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les deux prochaines années. Pour 2013, le FOMC a baissé sa fourchette de 0,1 point pour l'établir entre 2,7 et 3,1%. Pour 2014, la fourchette annoncée en janvier était de 3,3%-4,0%; elle stagnerait aujourd’hui entre 3,1 et 3,6%.
Interrogé sur la pression inflationniste, Ben Bernanke a affirmé que la récente hausse des prix des matières énergétiques n'était que temporaire. Il a aussi déclaré que les pays européens avaient encore du chemin à faire avant de résoudre les problèmes liées aux dettes souveraines.
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