La Réserve fédérale ne va pas relever ses taux d’intérêt avant 2014

La Fed est optimiste pour l'évolution de l'économie américaine en 2012, mais elle a réduit ses prévisions de croissance pour 2013 et 2014
Pierre Alexandre, à New York

Ben Bernanke est apparu sur la défensive au moment de défendre les conclusions de la réunion de politique monétaire de la Fed. La Réserve Fédérale a conclu hier soir que l'économie américaine était actuellement soumise à une croissance moyenne, que le marché du travail s'était amélioré et que le taux de chômage, malgré une diminution récente, restait à un niveau trop élevé. «Notre intention est de maintenir des politiques accommodantes dans un futur proche» a déclaré le président de la Fed. Accusé de ne pas en avoir assez fait, au vu du taux de chômage, Ben Bernanke a poursuivi sur le même thème: «la Fed a fait ce qu’il fallait. Nous avons agit de manière audacieuse et aggressive, et nous continuerons dans cet ordre d’idée s’il le faut».

A l’issue d’un vote à neuf membres contre un, la Fed a décidé de garder inchangés les taux d’intérêt fédéraux, compris entre 0 et 0,25%. Ces taux «exceptionnellement bas» sont maintenus depuis décembre 2008 et cela ne devrait pas changer avant 2014. Ben Bernanke a par ailleurs précisé que cette utilisation du terme «exceptionnellement bas» était ambiguë. Selon lui, ce sont des valeurs proches des taux actuels, comprises entre 0 et 0,25%. Enfin, pas question de relever le niveau cible de l’inflation, qui restera autour des 2%.

Malgré les prévisions contradictoires des dirigeants régionaux de la Fed, il n’y a donc presque pas de changement dans l’attitude de la Réserve fédérale. Elle a tout de même déclaré qu’elle était prête à prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder l'économie mondiale en cas de besoin.

Concernant les prévisions de croissance, le comité de politique monétaire (FOMC) a relevé la prévision de croissance du PIB pour l’année 2012, passant de 2,2%-2,7% fin janvier à 2,4%-2,9%. En revanche, la banque centrale a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les deux prochaines années. Pour 2013, le FOMC a baissé sa fourchette de 0,1 point pour l'établir entre 2,7 et 3,1%. Pour 2014, la fourchette annoncée en janvier était de 3,3%-4,0%; elle stagnerait aujourd’hui entre 3,1 et 3,6%.

Interrogé sur la pression inflationniste, Ben Bernanke a affirmé que la récente hausse des prix des matières énergétiques n'était que temporaire. Il a aussi déclaré que les pays européens avaient encore du chemin à faire avant de résoudre les problèmes liées aux dettes souveraines.

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