La Réserve fédérale manie la prudence
La Réserve fédérale américaine (Fed) marche sur des œufs. A l’occasion de la réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) les 28 et 29 octobre, ses responsables se sont attachés à éviter toute mauvaise interprétation dans la manière de rédiger leur déclaration. A l’issue de la réunion, la Fed avait annoncé la fin du programme de rachats d’actifs et réaffirmé sa confiance dans la poursuite de la reprise américaine.
Le compte-rendu de la réunion, publié hier soir, montre que la rédaction de la déclaration a nourri les débats sur les éléments de langage à adopter concernant l’évolution des marchés financiers. «D’un côté, y faire référence montrerait que le comité surveille les évolutions sur les marchés tout en faisant remarquer que le contexte financier est favorable à la croissance. D’un autre côté, cette référence risquerait de laisser supposer que le comité est plus inquiet qu’il ne l’est en réalité, donnant faussement l’impression que la politique monétaire était en fait un moyen de répondre à une hausse de la volatilité», indique le FOMC dans ses minutes. Ses membres ont finalement décidé de ne pas évoquer le sujet, indique le compte-rendu.
Même hésitation concernant une allusion au ralentissement mondial, facteur d’incertitude concernant les perspectives de croissance américaines. En dépit d’avis opposés, «la plupart des participants ont considéré qu’une telle formulation suggérerait un pessimisme plus important qu’il ne l’est en réalité», expliquent-ils.
Les minutes montrent également que la réunion a suscité un vrai débat sur l’importance à accorder aux signes laissant présager que la hausse de l’inflation pourrait être moins probable. De nombreux participants ont ainsi recommandé au comité de rester vigilant. «Certains ont même faire remarquer que si cela se produisait, ce serait encore plus inquiétant si la croissance venait à fléchir», indique le document.
Ce dernier précise d’ailleurs que les équipes de la Fed ont notamment réduit leurs prévisions d’inflation ce trimestre et pour le début de l’année 2015, en réponse à la baisse continue des prix du brut. Autre signe de prudence, ces mêmes prévisionnistes ont révisé à la baisse les perspectives de croissance à court terme du PIB américain.
La grande prudence des membres du FOMC ne donne donc pas de signes clairs aux marchés quant aux intentions de la Fed, alors que la déclaration faite à l’issue de la réunion d’octobre laissait présager un état d’esprit plus positif.
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