« La reprise est fragile aux Etats-Unis »
L’Agefi : Selon vous, la BCE peut-elle poursuivre ses mesures de liquidités exceptionnelles jusqu’en 2011 ?
Sylvain Broyer: L’hypothèse n’est pas à exclure. Tandis que la liquidité nette s’est réduite depuis un an (498 milliards d’euros en juin 2010, contre 661 milliards en septembre 2009), des dysfonctionnements sur le marché interbancaire s’observent de nouveau. L’écart de taux entre le Libor 3 mois en dollar et le swap overnight a triplé depuis avril. Les banques ne se prêtent qu’à maturité très courte et sont de plus en plus tributaires des liquidités de la banque centrale (les banques espagnoles en ponctionnent 17% aujourd’hui contre 4% en 2007). Ces difficultés sont liées à la crise des dettes publiques, dont les banques sont de gros détenteurs. Il y a contagion. Elle perdurera tant qu’une restructuration de la dette grecque animera le sentiment des marchés.
Au vu des rebonds du PIB et du marché de l’emploi aux Etats-Unis, peut-on s’attendre à une hausse des Fed funds d’ici la fin de l’année ?
Nous tablons sur une hausse plus tardive, pas avant le premier semestre 2011. La reprise est fragile aux Etats-Unis. Elle a été entretenue ces derniers mois par le stimulus monétaire, qui a enrayé la hausse du taux d’épargne des ménages, et le redémarrage du commerce mondial. Mais la croissance américaine ne sera plus que de 1,5% annualisé au troisième trimestre 2010. L’inflation n’est pas une menace immédiate.
Enfin, la politique monétaire doit composer avec l’explosion du bilan de la Fed depuis la crise. Aujourd’hui, la Banque centrale américaine doit rémunérer 25 points de base sur 1.066 milliards de dollars placés en réserve par les banques, tandis que son actif se compose désormais à 40% de titres publics et à 47% de titres privés.
Plus d'articles du même thème
-
Le cuivre électrise à nouveau le marché des matières premières
La perspective de droits de douane américains sur le cuivre a relancé les arbitrages entre le Comex et le LME, provoquant une pénurie sur ce dernier marché et propulsant les prix vers les sommets. Au-delà de cette question, ce métal clé dans les transitions énergétique et numérique dispose de fondamentaux solides. -
Bercy allège le cadre réglementaire des intermédiaires en crédit à titre accessoire
Le gouvernement revoit les seuils permettant aux professionnels de proposer des facilités de paiement sans relever du régime classique des IOBSP. Le nouveau cadre porte à 1.000 opérations annuelles le plafond applicable à certaines solutions de paiement différé de faible montant. -
Le repli de l’inflation aux Etats-Unis renforce le statu quo de la Fed
L’inflation a faibli en juillet pour le deuxième mois consécutif à 3,4%. La composante sous-jacente diminue également à 2,5%. Des chiffres bien accueillis par les marchés qui renforcent l’idée d’un maintien des taux par la Fed en septembre. -
Wellington Management mise sur une promotion interne pour la Suisse
Le gestionnaire d’actifs américain a nommé Oliver Schneider comme responsable de son bureau de Zurich. -
La Bourse de Jakarta lance son premier ETF sur l'or physique
Jakarta a inauguré le 10 août ses premiers ETF adossés à de l'or physique, un pari sur une classe d'actifs dont les encours mondiaux ont franchi les 559 milliards de dollars en 2025. -
Goldman Sachs poursuit son expansion dans les ETF optionnels en rachetant NEOS
La transaction pourrait atteindre 2,25 milliards de dollars et devrait être finalisée au 1er trimestre 2027.
ETF à la Une
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- La finance climatique franchit les 2.000 milliards de dollars
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Pimco et AllianzGI collectent 87 milliards d'euros au premier semestre 2026
- Le fonds souverain norvégien carbure à l'IA
Contenu de nos partenaires
-
La guerre des ânesMidterms : un été moins rose que prévu pour la gauche démocrate
Dans les Etats pivots du Michigan et du Wisconsin, l'aile gauche du Parti démocrate a survécu à deux primaires à haut risque, mais sans la démonstration de force espérée face à l'establishment -
Malédiction du second tourSecond tour de la présidentielle de 2022 : Marine Le Pen prise au piège de la prudence
L’entre-deux tours de 2022 avait des airs de revanche pour Marine Le Pen, opposée à Emmanuel Macron. Elle choisit de défier le président sortant sur son propre terrain : la technique et le sérieux. -
EquationItalie : Giorgia Meloni déjà en campagne pour 2027
À un an des élections législatives, la cheffe du gouvernement reste largement dominante à droite, mais la percée de Roberto Vannacci pourrait bien compliquer sa stratégie, et la gauche, bien que divisée, reste en mesure de la concurrencer.