La reprise chypriote est menacée par le niveau des créances douteuses
Même si elle salue les efforts de restructuration du secteur bancaire menés par Chypre, la Troïka s’inquiète du fait que près de la moitié des prêts soient considérés comme des créances douteuses. Cette situation risque d’entraver sérieusement la reprise économique espérée en 2015.
«Renverser la tendance à la hausse des prêts non performants est essentiel pour restaurer le crédit, la croissance économique et la création d’emplois», ont souligné la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission, dans un communiqué publié la semaine dernière. Les institutions viennent de clore leur cinquième revue de la situation économique du pays depuis qu’il s’est vu accorder une aide de 10 milliards d’euros au printemps 2013 pour faire face à sa crise bancaire.
Alors que 52% des prêts bruts étaient non performants à la fin du mois de mars dernier, Chypre est le pays européen dans lequel le niveau des créances douteuses est le plus élevé, selon le FMI. Le phénomène touche aussi bien les entreprises - avec un taux de créances douteuses de 55% - que les ménages alors que le taux de chômage dépassait 15% en mai, selon Eurostat. Environ 36% des prêts hypothécaires accordés pour des résidences principales étaient considérés comme douteux en mars. Si les banques ont passé de nouvelles provisions en 2013, elles ne couvraient que 36% des prêts douteux à la fin du mois février, d’après le FMI.
«Même si la montée du chômage et des faillites pèse lourd sur la capacité des emprunteurs à rembourser leurs prêts, les défauts stratégiques semblent aussi être en augmentation, étant donné les possibilités réduites et les faibles incitations qui existent pour restructurer et payer les prêts», souligne le FMI. La Troïka demande en conséquence au gouvernement de rendre opérationnel le plus rapidement possible un cadre légal pour les faillites et les saisies, qui permettrait de réduire le niveau des prêts douteux. Et d’ajouter que la supervision des opérations de restructuration de dette doit être renforcée.
Au premier trimestre, le PIB du pays était en repli de 4,1% sur un an. Le FMI prévoit qu’il se contractera de 4,2% en 2014 (contre 4,8% attendu précédemment). En revanche, il devrait augmenter de seulement 0,4% l’année prochaine (contre 0,9%). Grâce à une révision de la croissance, le déficit budgétaire primaire devrait être de 1,6% du PIB cette année et de 1% l’année prochaine tandis que la dette passerait de 120 à 124%.
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